21 février 2012
Perdre le nord ou garder le cap

Tôt ce matin, j'étais dans les entrailles d'un hôpital. Je me suis perdue dans le deuxième sous-sol. C'est toujours surprenant la vie qui s'y trouve. Des humains en sarrau poussant des charriots, le souffle ronflant de la chaufferie, des bruits insolites à peine étouffés derrière de grandes portes à ressorts automatiques, générant un bruit d'éventail de géant invisible.

Descendre d'un autre étage à pied, bifurquer à gauche pour changer de pavillon m'éloignant plus encore de la façade principale qui est à droite complètement, à moins que je n'ai tout à fait perdu la carte. Remonter d'un étage par ascenseur, non d'un autre encore. Enfin, je retrouve quelques repères familiers. Vers le fond du couloir complètement, pour retrouver le centre de prélèvement étonnamment peu occupé pour une fois.

Comme une projection vers le futur, ce matin, le centre de prélèvement est peuplé de vieux, hommes et femmes. Un couple clopinant, lui armé d'une canne, poussant une chaise roulante sur laquelle elle joue encore d'un ton d'amiral. Un autre couple assis, lui divaguant, elle parlant calmement. Ce n'est sûrement pas pour le sens de son propos mais pour le ton soporifique de sa voix. Quelle langue parle-t-elle, je ne sais pas. Celle qui me précède dans la queue n'a pas de carte d'hôpital. La préposée à l'enregistrement lui explique le chemin pour s'y prendre, posément. Au guichet à côté, l'autre préposée explique un autre chemin pour une asiatique. Où va-t-elle? je l'ai aperçue, demandant son chemin encore, alors que je m'apprêtais à quitter l'établissement, une demie-heure plus tard.

Le technicien n'a pas raté mes veines fuyantes, me laissant un gros bleu. Au moins, il n'a pas fouillé longuement, ce qui serait pire. Enfin je vais pouvoir manger en arrivant, après quinze heures de jeûne.

À la pesée de midi, j'ai perdu .8 livre. Toute petite percée après six semaines qui se prend bien. Encouragée, j'ai fait mon marché sobrement. Ce soir je reçois. Nous serons neuf autour de ma petite table ronde.

Après presque quatre mois de «religion» WW, je crois trouver le bon ton pour maigrir doucement. Non seulement faut-il cuisiner autrement, il s'agit de s'attabler autrement aussi. Le geste de porter quelque chose à sa bouche devient plus furtif, moins théâtral, surtout pas émotif. Du moins, pour moi. Je préfère ne pas à dire à mon hôte de me servir une plus petite assiette en me justifiant en long et en large, mais plutôt délaisser ce que je ne met pas dans ma bouche tout simplement. Ce qui explique la maîtrise que je crois avoir acquise. Mais il reste toujours les environnements non contrôlés, les sentiments, ou ressentiments, qui assaillent sans avertissement ...

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