02 février 2012
La vie la vie

Aujourd'hui, j'ai conduit un de mes frères à l'hôpital pour un test qui lui demande d'être ramené ensuite puisqu'il ne pourra pas conduire. J'étais contente de lui rendre service puisque, à l'âge où nous sommes rendus, et au nombre que nous sommes dans le clan, rare est l'occasion de rapprochement de personne à personne.

Quand je pense que ce frère-là, quand il avait près de six ans et moi douze, je l'ai déjà transporté sur mon dos. C'était dans une de ces petites localités du delta du Mékong. Nous étions véhiculés par camion militaire pour aller voir le dentiste à l'hôpital de la plus grande ville. Pour élever le niveau du sol de l'hôpital, l'on avait déversé de la boue partout entre les bâtiments. Ainsi, en séchant la boue remblaiera le sol. Je l'avais sur mon dos donc et j'essayais de marcher sur le rebord de l'égout fluvial pour me rendre au bâtiment désigné. J'avais évidemment glissé, me souillant jusqu'à la taille. Au retour cet après-midi-là, je me souviens encore d'être allée jusqu'au fleuve derrière la maison pour laver ma robe. Souvenir d'enfance et d'été qui m'est revenu toute la journée aujourd'hui.

J'ai repris contact téléphonique avec une amie. Nous avons parlé de vie et de santé. Nous avons le même âge mais nos vies diffèrent tellement. Son horizon est réglementé par la maladie, le mien par les projets que je tiens en brides. Elle essaie de tout figer dans le temps, moi je vais au devant. J'espère la revoir bientôt.

Nos dossiers piétinent. Là aussi, patience.

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