10 septembre 2011
Des fleurs et des vieilles dames

Il y a deux jours, en arrivant à Marseille, nous avons trouvé une voiture, un téléphone et des cartes routières. Les plans furent de tout de suite chercher à retrouver une vieille dame que je n'ai pas revue depuis trente-six ans. Malgré l'adresse imprécise, nous l'avons retrouvée. Nous avions apporté des fleurs, elle ne m'a pas reconnu. Tout en m'appelant "cưng", chérie, peut-être comme elle appelle la dame qui lui apporte à manger deux fois par jour, où l'infirmière qui vient trois fois.

La dernière fois, à Saïgon, nous ne savions pas si nous allions partir, si nous allions nous revoir. Elle était dans un appartement emprunté, j'étais hébergée dans la famille. Déjà, nous étions déracinées. À Marseille, elle s'est transplantée, dans ce pays où elle ne parle même pas la langue. Mais ses enfants ont tous bien réussi leur vie, disait-elle, en me montrant quelques photos. Quand, nous l'avons quitté, c'était déjà pour elle comme si nous n'étions pas venus. Moi, je ne sais pas si je la reverrai, maintenant que l'objectif de la retrouver est accompli.

La deuxième vieille dame est à St-Rémi de Provence, arrière-grand-mère de la petite. Logeant chez elle deux nuits, visitant Arles et Avignon le jour, l'amenant souper le premier soir dans un restaurant installé dans un ancien moulin, mangeant sur sa terrasse le deuxième soir, ce fut deux jours enjoués et plaisants. Malgré le rhume et la toux que j'ai pris au dernier jour pluvieux d'Amsterdam.

À Arles, j'ai visité les librairies d'Actes Sud, sans acheter de livre, en me disant que je le ferai de Montréal, pour ne pas alourdir les valises. À Avignon, nous ne faisons que passer, je n'avais pas envie de trainer mes pas enrhumés dans les dédales du palais des papes. Au pont du Gard, nous nous sommes approchés, sans visiter, comme c'est la fin du jour et que nous ne voulons pas faire attendre la vieille dame chez elle. Mais j'ai grimpé sur la butte rocheuse du vieux Moulin d'Alphonse Daudet à Fontvieille. Et acheter du sel romain au site archéologique de Glanum, à St-Rémi même.

En quittant la vieille dame et ses oliviers aujourd'hui, je sais que nous y reviendrons en ces lieux attachants bientôt, un jour pas trop lointain. En attendant, nous voilà arrivés sur la Côte d'Azur, dans le Var plus exactement. Notre chambre donne directement sur la petite plage. En ce samedi soir, c'est assez animé.

Devant la perspective de dormir quatre nuits dans le même lit, je défais la valise, lave quelques vêtements à la main dans le lavabo, me sentant très petite vieille arrivant aux thermes pour soigner ses arthrites...

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