17 décembre 2010
À une semaine près

Je devais rencontrer une collègue de comité au Musée des Beaux-Arts puisque toutes deux nous voulions aller à l'exposition sur Otto Dix. Surprise agréable, elle a amené avec elle une autre amie et nous avons déjeuné au Café avec un des conservateurs du musée, son voisin. Sortie culturelle donc, en bonne et due forme. La collègue a mis à exécution immédiatement l'idée que je lui avais partagée: faire du Café des Beaux-Arts un lieu de rencontre mensuelle entre amis et collègues (et clients) de bonne volonté, en quête d'échanges et de collégialité, hors de notre environnement habituel.

L'exposition ne déçoit pas. La rencontre et les échanges cordiaux et animés, pas du tout bcbg.

Je trouve un parallèle entre le monde décrit par Albert Camus et celui peint par Otto Dix, terriblement imparfait et vrai. J'ai relu «l'Étranger». Assise à ma chaise de lecture, couverte d'un poncho confortable, je lisais. Comme si je l'ai toujours fait. Surtout que je lisais les mêmes phrases comme si c'était hier, la dernière fois. En faisant attention aux pages, pour ne pas les abimer.

Ce soir, première rencontre avec de nouveaux clients tout jeunes, tout neufs. Je me suis sentie toute enveloppante, comme une sage qui déploie tous les plis et replis de sa cape généreuse pour les conduire dans l'antre des initiés. Quand on fait attention pour ne pas écraser par le poids de toute son expérience, c'est que l'on est ... vieux, et sage.

L'autre jour, lors d'une conversation, ce qui m'a frappé c'est que dans un discours chrétien on désigne Dieu par le pronom «Lui» en majuscule, alors que pour moi ici, «Lui» n'est que mon petit mari.

Il me semble que Noël arrive en trainant des pieds cette année. Pas que pour nous, à cause du long voyage en hémisphère sud, mais aussi pour toute ma famille. Peut-être à cause du déménagement de mon père dans son home et la vie de ma mère qui ne gravite plus qu'autour de cet événement. Silence radio sur le buffet, l'échange de cadeaux, etc. L'essentiel est que dans cinq jours je toucherai à la petite rendue à ses cinq mois. Son petit bain blanc l'attend déjà dans ma salle de bain. Mais pas son lit encore, puisque je n'ai pas trouvé un digne de ce nom, un vrai, assez petit pour entrer dans la chambre, en même temps que le lit mural, alors que j'avais déjà sorti le bureau. Il faut bien composer avec les moyens du bord.

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