05 novembre 2010
La vie complexe

Depuis hier, travail intense. Rencontre avec deux différents clients aujourd'hui. Avancer des dossiers doucement. Préparer les clients à la mise en veilleuse pour trois semaines, il faut le faire.

Tenue d'affaires, anglais de circonstance, quartier de la ville que je contemplais de loin. Incursion dans un monde différent, culturellement. Mais la distance et le regard circulaire nécessaires à la situation. Une position que mes voyages consolident de l'intérieur, projetant un aura que Lui sert d'explication à cette constellation de clients qui s'alignent si exceptionnellement. Rendre grâce, rester concentrés comme nous le sommes et abattre du boulot, pour soi et pour les autres, sans peine. Travailler sans avoir l'impression de travailler, ce n'est que l'exercice d'une compétence.

Et puis, j'adore les contrastes, ce soir, les courses chez Walmart, à l'heure des travailleurs, c'est-à-dire au temps grugé entre la sortie des usines et la rentrée à la tanière. Un carrosse qui se remplit d'articles bigarrés. Comme ces ballons de plage à gonfler, quelques-uns pour mettre sous la bâche sur le toit de la tortue de façon à créer la pente nécessaire pour que la neige descend d'elle-même. Mais aussi, à 50 cents le ballon, Lui a pensé que nous nous amuserons sur la plage de Myrtle Beach en juillet prochain, fêtant le premier anniversaire de la petite. Douce pensée qui se réalisera ou pas, mais en cette pensée réside toute la motivation de cet homme de famille.

Il y a aussi ces cannettes de soupe Campbell à 57 cents chaque. L'inscription sur l'étiquette me donne l'idée d'en acheter plusieurs caisses pour donner à la période des fêtes, mais aussi d'en acheter pour me nourrir rapide avant de partir à la course comme aujourd'hui, entre deux rendez-vous. Nous avons mis ... quarante-huit cannettes dans le chariot, faux pauvres que nous sommes. Une jeune femme d'origine ethnique, comme moi, remarquez, me voyant faire, a ramassé trois cannettes. Peut-être en a-t-elle encore jamais goûté à cette soupe «comfort food»?

Arrivée au fil d'attente de la caisse, je regardais les achats des personnes qui nous précèdent avec intérêt. Ce couple achète déjà des jouets en prévision de cadeaux de Noël. Nous aussi, au temps ancien, en ces années de vache maigre, dès octobre. Notre caissière, une femme d'origine ethnique comme moi, riait d'elle-même parce qu'elle ne sait pas comment faire 48 x 1 pour la soupe, ou 10 x 1 pour les ballons, ou 4 x 1 pour l'échinacée, alors elle passait le code-barre de la cannette, un à la fois. Lui riait avec elle de connivence, en lui fournissant une autre cannette quand la précédente refusait de fournir le code-barre pour la nième fois.

La vie complexe, ai-je titré, oui dans son ensemble, mais simple pour moi qui j'espère a acquis le recul voulu pour tout relativiser. Un certain flegme que je me donne.

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