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Je suis sûre de ne pas être la seule à se sentir usurper parce que le mois tombe court, là, tout de suite ce soir, dans seize minutes exactement! Demain nous serons en mars!
Depuis trois jours, je suis presque au repos. Vendredi matin je suis allée voir ma mère, après avoir couru au centre-ville très tôt, manquant toutefois le petit-déjeuner-réunion informelle. Nous nous sommes reposées toutes les deux, elle de sa mauvaise nuit, moi de ma grosse semaine, affalées, incapables de partir faire les commissions tout de suite. Une sortie quand même, une heure plus tard, sourire revenu sur les lèvres de ma mère qui avait besoin d'encouragement.
Alors que lui allait avec son frère voir un spectacle en salle dans le cadre de Montréal en lumière, je renouvelais mon panier de médicaments mensuels avant de flâner en librairie. Chez Renaud-Bray, je me suis retenue pour ne pas glaner une demie douzaine de livres de poche. Chez Olivieri, résistance faiblissante, j'ai cédé devant quatre livres! Ragaillardie, je suis rentrée au bercail avec la ferme intention de ne pas bouger de là pour rien. J'avais besoin de me retrouver dans mes affaires.
Changer de nappe pour mieux mettre en valeur les quatre premières chaises revenues de rembourrage. Réarranger les fleurs dans leurs vases. Ramasser. Faire un chèque pour payer le comptable. Passer en revue les vieux journaux ramenés de chez mes parents, puisque je préfère ne pas payer deux abonnements et que je n'arrive pas à m'habituer à l'édition en ligne. Mais mon petit bureau est toujours engorgé de paperasses en attente de traitement! Et l'agenda de la semaine prochaine commence à se remplir ...
Hier, samedi, je n'ai pas bougé de la journée ... jusqu'au soir quand je suis allée au marché avec un fils pour préparer ensuite rapidement un repas pour quatre. Je crois que lui m'en veux un peu de ne pas l'accompagner à la Nuit blanche. Alors qu'il disait la veille que cela ne le dérange pas d'y aller seul, il n'est pas allé du tout. En revanche, la conversation après souper avec les deux fils fut agréable.
Après une bonne nuit, ce matin j'ai réussi à me lever plus tôt pour faire mon devoir de chinois avant d'aller au cours. Puis nous sommes partis à la maison de campagne avec mes parents. Malgré le temps doux des derniers jours, les talus enneigés sont assez hauts dans mon coin de campagne. Deux repas, un feu de bois, une petite promenade dans la gadoue et quelques huit heures plus tard, nous sommes revenus en ville. Je n'ai rien fait pour moi-même mais pour mes parents, une autre journée s'est passée agréablement.
Ce soir, le mois se termine, tout comme les Jeux Olympiques de Vancouver. Des nouvelles de Sophil qui est au Chili mais saine et sauve, ce qui n'est pas le cas pour tous. L'alerte est levée pour les risques de tsunami dans le Pacifique. À quand la prochaine colère de Dieu, le prochain cataclysme, la prochaine revanche de la terre suite aux outrages des hommes?
Mon témoignage personnel est magistralement ordinaire et désespérant. Le voici: Il y a deux soirs, les grands vents ont cassé une branche, ni trop grosse, ni trop petite sur la lisière de terrain séparant le bercail en ville et son voisin. Ce soir en revenant, nous avons croisé les voisins entrain de plier armes et bagages pour partir en vacances de semaine de relâche scolaire. En quelques phrases, lui et eux se sont dits que la fameuse branche, une fois ramenée plus près du trottoir sera ramassée par les services des travaux publiques de la municipalité. Quel luxe de moyens, n'est-ce-pas, pour si peu? On peut peut-être laisser la branche tranquille où elle est, du moins pour un temps, en ayant une pensée pour ceux qui ont vu s'écrouler bien plus qu'une branche, mais une ville, un bâtiment, une vie ... Juste pour une solidarité symbolique!
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