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Hier nous avons fait le saut: changer ma voiture. Elle sera rouge si je peux me faire à l'idée. Un paiement mensuel que je n'ai plus depuis six ans. Voilà pour la tranquillité d'esprit. Ou l'intranquilité. Choisir une voiture en ne me souciant strictement que de l'espace du «hatchback» et des sièges arrière qui peuvent baisser complètement pour mieux transporter mes bonsaïs. Lui veillant au volet technique et financier, notre garagiste en titre voulant que je choisisse une voiture utilitaire pour plus de force motrice, je fais la femme capricieuse qui veut, là et maintenant, voilà tout.
Payer une voiture pendant soixante mois, jusqu'à mes soixante-douze ans. Voilà de quoi m'impressionner par mon «grand âge». Lui aussi a la même réaction.
Aujourd'hui, jour de bonsaï à Saint-Lazare. Ma copine qui commence à m'y accompagner assez régulièrement est passée me prendre. Journée paisible à pincer les mélèzes dans des forêts de bonsaïs énormes. Travail de minutie et de patience mais pas trop salissant comme le rempotage et la ligature.
Lui travaille dur à nous dépêtrer de ce que nous avons hérité d'un locataire hâbleur et arnaqueur. Perte d'argent et de temps mais je reste impassible pour soutenir Lui qui ne s'est pas découragé. Mais la visite des lieux que l'autre a laissé sales et encombrés m'a donné un choc. Un choc sur la précarité vécue par une tranche de la société, les étudiants, les paumés, les malades mentaux non institutionnalisés.
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