11 novembre 2006
Le chinois chez moi

Hier, notre fille est arrivée en ville, après huit heures de conduite routière, fraîche comme si elle arrivait de la rue d'à côté. Tout de suite elle entrait en action, appelait pour réserver, pour annuler, pour déplacer un rendez-vous ou un autre, chez l'esthéticienne, au restaurant, une copine ou une autre.

Deux fils revenaient avec leur père, après avoir allé chercher un nouveau matelas pour nous. Ils ont aussi transporté le sofa de cuir de la cave au logement d'en haut. Et puis nous avons soupé ensemble, les cinq, d'un plat tout fumant que je sortais du four.

Hier, il a fait si beau et ensoleillé, avec l'arbre complètement dépouillé en arrière, le cocon fut si embrasé de lumière que j'ai tenu à saisir le moment.

Mais aujourd'hui, c'est le déluge. Pluie abondante et persistante. Comme la dernière fois, j'allais chez l'esthéticienne pour profiter du temps en tête à tête avec fifille, en voiture. Et puis, elle est partie cueillir son copain à l'aéroport. Ils iront au théâtre du Rideau Vert à ma place et souper seul à seule. Entretemps, nous sommes allés voir mes parents. Par ce temps gris, évidemment, ils sont un peu perdus et désemparés. Ce qui ne les empêche pas de me plumer aux cartes!

Et puis je suis allée à mon cours de chinois au centre socio-culturel. Ce fut plus haut en couleurs que je puisse soupçonner! Derrière nous, sur la moitié de la salle, des hommes et des garçons pratiquaient les arts martiaux. Ils étaient presque trop silencieux. Seule la voix de l'instructeur scandait quelques ordres. Sur l'autre moitié de la salle, une vingtaine de personnes, moines et bonzesses, hommes et femmes, ânonnaient le chinois. Le professeur expliquait en chinois, en anglais entrecoupé de mots français. Tous les étudiants sont vietnamiens comme moi, prenant des notes phonétiquement en vietnamien, suivant de leur mieux! Le climat convivial fait une différence avec le cours à l'université, sans compter une différente approche à l'apprentissage. Ici, on ne s'embarrasse du pinyin et l'on plonge directement dans les caractères chinois. Non pas pour la calligraphie mais pour déchiffrer les caractères pour en comprendre le sens.

Je disais à ma fille que le chinois est comme le golf, il faut s'y mettre si l'on veut vraiment, puisque la maîtrise ne vient pas toute seule. Il faut vraiment le vouloir et y consacrer du temps. Alors donc, j'ai reçu quelques feuilles photocopiées avec des caractères chinois à déchiffrer. Rien d'autre à faire que du mot à mot. Jusqu'au jour où les mots danseront ensemble en une lecture compréhensible. J'ai déjà tenu un beau livre chinois entre les mains pour en ressentir toute l'impuissance de l'ignorance.

Le chinois mandarin, 漢語 hànyǔ ou 普通話 pǔtōnghuà sera donc le mystère que je déchiffrerais pour le reste de mes jours. En comparaison, le projet immense de lire ou relire tous les livres de ma bibliothèque me semble tout aussi prenant! Mais passionnant, n'est-ce-pas? Et je serai illuminée, ensoleillée, tout comme le chez moi sur la photo!

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