09 avril 2006
Dur quart d'heure

Courte nuit. Je commence à aimer sortir tôt du perchoir. Un petit froid limpide. Mais mon coeur l'est moins. À la pagode, le papier que j'ai remis pour que le mort soit cité dans les prières de libération est bien remis tôt. Mais je n'avais pas demandé formellement pour que des tables soient préparées pour accueillir la famille au repas qui suit. C'est bien un moindre mal si ce n'est que pour la famille qui fera la queue pour manger comme tout le monde. Mais voilà qu'arrivent les amis du défunt des États-Unis, et d'autres encore. J'ai fini par convaincre une dame bénévole de nous dresser trois tables. Elle nous a même servi des plats vietnamiens végétariens, alors que le cuisinier bénévole du jour est un chef tamoul qui n'a pas l'habitude de cuisiner généreusement comme les dames vietnamiennes. Je suis donc sauvée, malgré mon mauvais quart d'heure!

Encore des prières. Mon mari commence à en souper. Alors que le neveu, fils de ma soeur en mange. Mon plus jeune fils nous accompagne de plein gré. J'ai fait, au nom de la famille, un don substantiel à la pagode. Malgré le soulagement pour les tables, j'ai gardé ma tête maussade.

En après-midi, je suis partie faire l'épicerie avec mon fils. Une sieste m'est essentielle. Souper-santé avec les fils. Je suis toute courbaturée, j'imagine que ce sont les émotions. Impossible de sérieusement étudier. Je ne crois pas que c'est la peine d'un deuil, seulement la tension d'une situation pesante qui a tant duré. Le temps de sa maladie, de ses exigences, de son combat avant d'accepter son sort, du soutien à sa famille aussi, tout comme du cheminement du reste de ma famille. J'entrevois déjà le vide d'après-funérailles. Mais en même temps, j'ai envie de me sauver quelque part. Mon mari me suffit.

Je dors par petits bouts. Un premier mail de ma fille et de sa cousine qui courent les routes de l'Angleterre, dans la région des lacs. Pendant ce temps-là, sa cousine, soeur de l'autre, qui est sensée être à Manchester, court les routes d'Italie. Je n'ai pas le temps de penser à elles.

Vendredi Saint, une copine de Boston viendra pour quatre jours. Jeudi qui suit, la copine de Sydney arrivera pour cinq jours. Je n'ai pas la tête pour penser à elles non plus. Mais avant, pourrai-je me terrer dans mon refuge un petit peu? Ah, il y a ce dossier à démarrer ...

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