29 août 2004
Avant que l'été ne passe ...

J'ai un peu travaillé hier avant de partir à La Dolphine. Seule avec mon mari. Les fils devaient venir pour corder le bois, mais finalement ils viendront un autre jour, comme nous avons eu envie de rester pour la nuit. Partie avec la tête accablée de la veille, je ne tardais pas à retrouver l'esprit léger et paisible des lieux.

Allongée sur le sofa pour une sieste, j'ai si bien dormi. Il me semble que je suis transportée par magie dans un lieu sans passé ni futur. Il n'y a que cette petite brise et le chant des criquets. Nous sommes aussi partis voir la voisine d'en arrière pour discuter un peu de la plate-bande. Comme si c'est tout ce qui compte. Je trimais les branches qui dépassaient sur les cèdres devant la maison. De façon appliquée. L'après-midi ne passait pas. Nous mangions. Puis je suis sortie faire un grand feu de camp qui m'occupait longuement. Je me sentais sorcière. Dans l'ombre, le sorcier se balançait, en sirotant sa potion de cognac. De là-bas nous parvenait la musique celtique qui nous faisait voyager dans le temps. Les paroles sont superflues.

Nous avions dormi avec les fenêtres ouvertes dans la nuit bien avancée. Je ne pense à rien. Seulement à ce haut du dos qui apprivoise la surface moëlleuse du matelas. Moi qui était toujours recroquevillée, sur mon bras gauche, le cou bien enfoui, me voilà sur le dos, sans oreiller.

Ce matin, je me suis levée tôt. La maison se réveille au feu de foyer qui coupe l'humidité du dehors. Temps pluvieux. Je pense à la façon de rentrer les cordes de bois de l'automne dernier, pour faire de la place aux cordes qui seront livrées bientôt. Comme si je n'ai que ça à résoudre.

À la pluie, moi sous mon grand parapluie de golf, la voisine sous son petit parapluie de poupée, nous faisions le tour de son jardin. Elle voulais me montrer toutes ses variétés de fleurs. Je remarque qu'elle affectionne les toutes petites fleurs discrètes, alors que je voudrais des espèces majestueuses et resplendissantes. Une question de personnalité je suppose.

Nous rentrons en ville sous la pluie. Je travaillerai un peu cet après-midi et ce soir. Mon mari aussi, de son côté. Le perchoir, après un bain dans la paix de La Dolphine, ressemble à un nid sous les arbres. Alors que parfois c'est une ruche, avec ou sans reine. Dans la somnolence de l'été qui passe, j'émerge doucement ...

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