21 août 2004
Du mariage

Hier, j'ai essayé de reprendre le dessus, d'abord en dégageant le plus possible mon chemin dans la maison. Les bacs à récupération sont de nouveau débordés et je doute de la destination de certains livres, puisque le chemin le plus court est encore une fois le recyclage.

Avancer les paperasses d'un nouveau dossier étant presque un exploit, les mauvaises nouvelles d'un autre me semblent encore irréelles. Dans cet esprit de ménage où il faut prendre ses distances face à bien des petits bouts de papiers qui nous tiennent à coeurs depuis des années, je suis comme impassible aux nouveautés. En quelque part, peut-être recevrai-je un nouveau dossier comme une évidence, et perdrai-je un autre, précieux pour la somme d'argent que cela me rapporte, comme une fatalité?

Mes cousins du Maryland sont déjà là, mais je n'accoure pas pour les voir. J'ai trop à faire. Jusqu'à aider ma fille à faire ses emplettes pour qu'elle aille manger les mets typiquement vietnamiens avec ses copines. Mais les rebords de ses nouveaux jeans ne seront pas faits. Hier soir j'étais sans le souffle, mais ce soir, mes jambes ont leur propre vie!

Ce matin donc, ma fille et moi sommes allées très tôt nous faire coiffer et maquiller. Pour ensuite nous rendre vers 11h chez mes parents où se dérouleront la partie traditionnelle du mariage. La procession de la famille du marié arrive avec les présents enveloppés dans du papier vitré rouge. Tout le monde en grande tenue, l'autel des ancêtres drapé d'une nappe rouge, les rampes de l'escalier serties de fleurs de papier rose, les ballons gonflés à l'hélium dansent au vent. Les mariés sont prosternés devant l'autel. Un détail incongru, le marié de descendance irlandaise a demandé que la photo de sa mère décédée soit aussi sur l'autel de nos ancêtre. Je ne crois pas que ces derniers ont protesté! À noter, les larmes que les soeurs du marié ont toutes eu quand elles ont aperçu la mariée en tenue traditionnelle, alors que nous ses soeurs nous n'avons pas eu recours aux kleenex! Autre nouveauté, mon fils amène sa blonde, qui est effectivement blonde, la présentant à tous. Les petits cousins sont impressionnés, les cousines de son âge intriguées, et les tantes retiennent leurs commentaires et observent.

Après la présentation officielle des membres des deux familles, nous nous servons à ce buffet dressé pour l'occasion. Le cochon de lait cuit à la broche nous fait honneur. Je n'ai pas vraiment mangé, trop occupée à faire acte de présence. Moi qui entretenais cette idée que le mariage n'est plus nécessaire pour un couple bien établi dans ses habitudes, en ménage depuis un certain temps, de surcroit, au mi-temps de leur vie, j'ai été touché par l'étincelle magique de la cérémonie de ce matin.

Après le repas, tout le monde repart chacun chez soi pour la sieste. La mienne fut très courte, puisque je suis restée avec les derniers pour ramasser la nourriture, les tables, la vaisselle, etc. Et puis, changement de costumes, changement de décor, nous avons passé la fin de l'après-midi et la soirée dans ce restaurant au Vieux-Port de Montréal. Décor racé, personnel attentif, le célébrant qui officie dans les deux langues et qui parle longuement d'amour et de respect. Excellent repas. La musique est entrainante, mes jambes ont leur propre vie comme je disais. Mes sandales argentées et brillantes m'enlevant dix ans, comme disait mon mari, lui qui consent à mes talons plats que pour mon confort, mais pas pour une occasion pareille. Il faut dire qu'elles sont quand même très acceptables puisque je ne danse pieds nus qu'à la toute fin de la soirée!

Sur le pavé inégal de la rue St-Paul nous rentrons, comme ces fêtards de toujours, robe longue turquoise de la petite blonde, robe courte à fleurs de la nièce, les épaules nues de ma fille, mon châle chatoyant et mes sandales brillantes, les complets des quatre hommes, et tous ces cadeaux que nous sommes chargés de ramener. Le rideau tombe impeccablement.

Même si pendant la soirée, j'ai reçu un coup de fil. Ce dossier important est plus proche de dissolution que jamais ... mais comme disait la chanson: "Que sera sera ... what future will be will be ..." Du dossier, comme d'autres dossiers, comme du mariage des couples, pas que de ce couple!

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