18 août 2004
La famille

Quatre jours avant le mariage de ma soeur, je m'allume enfin en essayant ma propre robe, achetée depuis l'an dernier, jamais portée encore: mes fils n'ont rien à se mettre sur le dos pour l'occasion!

Ce matin donc, la famille au grand complet est au magasin dès l'ouverture. Cette entreprise qui affiche leur slogan "Bonne coupe, bon prix, bonne réputation" a bien sûr habillé les trois de pied en cap. Grande soeur est bien fière de ses trois grands frères. Maman défronce et s'apaise, au fur et à mesure que les choix se font dans les complets-veston, chemise et souliers. Alors que papa fait son patriarche, négocie comme il peut et ... paie le gros prix, non pas parce que nous avons été excentriques, mais parce que trois c'est trois!

Après ça, un petit sac de soirée pour la fille et un petit châle châtoyant pour moi, des accessoires bien dérisoires pour le budget! Nous rentrons, prêts enfin pour le mariage, non sans avoir passer aux articles scolaires, puisque les fils commencent leur session demain!

Alors que je m'efforce de me débattre avec mes boîtes et mon trop plein des derniers jours, alors que j'ai laissé ma tante et ma mère bien tranquilles il y a deux jours, après que je les vois pour les divertir à tous les deux jours, je n'avais pas prévu les voir aujourd'hui. Mais non, c'est pas possible, en après-midi, ma mère m'appelle en douce: les soixante-quinze ans de l'une se heurtent au soixante-dix-sept ans de l'autre. Il n'en ressort pas de flammèche mais des bouderies, comme ce ciel gris.

Voilà, les enfants vont se débrouiller pour manger, de toute façon je leur disais qu'après les acquisitions de ce matin, mangeons des hot-dogs pendant deux semaines pour compenser! J'étais partie dans le trafic, arrivée à Anjou mine de rien, entrée chez mes parents comme si c'est tout naturel .. J'avais secoué l'une et l'autre avec mes mots, tour à tour enjoués ou directifs, parlé des fleurs et des plantes en diversion, je me suis faite bouffée par les moustiques dans le jardin en cueillant furieusement des tomates comme si je n'ai que ça à faire. Bref, les voilà habillées, mon père aussi bien sûr. Un grand tour pour que les uns mangent chez mon autre soeur, les autres d'une soupe végétarienne au restaurant. Vous voyez le portrait: en boudant, elles disent: "j'ai pas faim, j'ai pas faim!", il fallait bien qu'elles mangent pour changer de registre. Et moi qui fait le guignol, alors que je n'ai que envie de me retrouver seule dans mes affaires, sans bouder!

Je les ai ramenées en soirée, l'air s'est adouci, la trêve est amorcée. Puis je fais un petit marché pour que les fils puissent manger du pain et des fruits demain matin.

Je suis crevée. Mais j'ai gagné un bon panier de tomates qui attendent sans rouspéter dans ma cuisine.

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