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Ils m'ont eu hier soir, les petites guides et les petits scouts. Dans leur promesse de louvettes qui deviennent guides, elles se promettent d'obéir "à Dieu, à ma patrie et à mes parents", en plus de respecter la loi de la clairière. J'ai pleuré toute seule dans mon coin. Les autres parents sont attendris, certes, mais moi, je pleure! Par contre, je les trouve très négligées dans leur uniforme, chemise à moitié rentrée, jupe tournée ou pantalon mal assorti. Et des tignasses mal peignées! Ce matin, le pied dans la porte déjà, le téléphone sonne deux fois! Bien sûr, il y a quelqu'un qui me veut du bien: me voir aujourd'hui même! Je répond: "Non, non, impossible aujourd'hui, ça ira demain!" Et je pars avec mon mari pour le nid! Mais demain après-midi, ne me cherchez pas, je suis prise! Sur la route du nord, un soleil éclatant et un trafic léger! Mon mari ouvre à moitié le toit ouvrant de ma voiture, l'air frais s'engouffre, le vent siffle. C'est magique, mon esprit ne vagabonde plus et je suis ramenée à l'instant présent. Dans mon antre, il fait un temps radieux. Nous avons démarré le chauffage puis nous sommes partis tout de suite pour une promenade. Accoudés sur la rambarde du quai, nous contemplons l'eau limpide et le lac en miroir. Là-bas, plus loin, des canards courent si vite sur l'eau qu'ils semblent voler. Nous avons grimpé un peu sur le flanc boisé, je faisais attention de ne pas glisser sur la mousse ou les feuilles mortes mouillées. Dans l'ombre des troncs d'arbres nus, des touches de fougères vertes, de petits plants de sapins et de drôles de champignons. Sur le chemin du retour, nous avons fait halte sur une base bétonnée, vestige d'une construction quelconque. Je me suis couchée sur mon manteau, la tête sur la cuisse de mon mari. Mais le beau ciel n'a pas réussi à me tenir tranquille. Je me suis redressée et cette fois-ci, c'est lui qui a profité de ma cuisse. Alors que je lui jouais dans les cheveux, il faisait sa sieste là, au grand jour. Sans manteau, je n'avais pas froid. Tête nue, je tenais mon bérêt de façon à lui faire de l'ombre sur le visage. Ainsi, nous avons décanté ... Au retour, devant le feu de foyer, alors qu'il sirote sa bouteille de vin, je ferme les yeux, sans dormir. Dans les bras de cette maison, je me repose ... Puis nous allons rendre visite à la voisine d'en face qui a presque perdu la vue. D'une opération à l'autre, elle sera rendue à la dernière, lundi prochain. Pour son moral et celui de son mari, nous avons été blagueurs et enjoués, plus qu'à l'accoutumée. Puis, notre bonne action faite, nous avons soupé seuls, paisiblement. Toute lumière éteinte, devant les flammes dansantes, assis là, l'un appuyé sur l'autre, nous sommes tout à fait reposés et alertes. Nous retournons en ville sans regret. Les enfants ne nous attendent pas mais notre place est avec eux. Chez moi, ici, comme en ville, tout est en ordre. Parce que doute et désordre, sur le pas de la porte, essuient leurs gros sabots ... et se détournent, sans autre forme de procès! Chez moi, tout est net! hier
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