09 novembre 2001
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Attentive et souriante, je disais, pour mes fils! Alors hier, je me suis secouée, douchée, coiffée, habillée, prête pour recevoir ce fils qui est revenu manger à midi. Puis, un appel de ma fille, nous avions du théâtre hier soir. J'ai failli oublier, trop occuper à régler cette toux et ce froid qui court sur ma peau.

J'étais donc sortie hier soir. Dans l'aire des comptoirs alimentaires, au sous-sol du complexe Desjardins, j'attendais ma fille. Des couples d'un certain âge passaient, bien habillés, la main dans la main, en direction du passage souterrain vers la Place des Arts. Autour de moi, des gens s'attablaient: ce jeune homme aux cheveux tressés, tout de cuir vêtu, ces trois jeunes femmes qui parlaient encore bureau et patron, ... J'étais là, incapable de décider sur ce que je veux manger, incertaine même sur ma faim. Enfin je grignotais les natchos de ma fille. La grosse bouteille de jus d'orange me ranimait un peu. Alors que je me sentais toute étrangère, ma fille était dans ses éléments, vive, souriante, gaie comme un pinson. Elle bavardait avec une serveuse du comptoir mexicain et je pensais qu'elles se connaissaient. Mais non, pas du tout. Plus tard, elle croisait une collègue, vendeuse de boutique, et parlait encore d'un ton engageant, sur les recettes et les objectifs de vente. Elle constituait en somme, cette voix, cette lumière qui m'aide à remonter à la surface, à l'air libre. C'est étrange, il me vient même à l'idée qu'un jour, je serai comme enfant de mes enfants. C'est pour dire comment je me sentais démunie et ... dépendante (moi? je ne me reconnais plus ...)

Au théâtre, la pièce "Une journée particulière" d'Ettore Scola, sans entracte, m'amène dans une ambiance intimiste. Un homme et une femme confrontaient leur solitude, le jour où, Mussolini recevait Hitler à Rome, en 1938. Il en faut du courage aux acteurs, pour jouer la scène d'amour, en avant-scène, tout habillés, de façon vraie, sans que cela soit disgracieux. Soir après soir, pendant deux mois! Mais l'ovation a été généreuse, trop, à trois reprises.

D'hier à aujourd'hui, je suis revenue dans la vraie vie. Je suis de bonne humeur, je crois. Et je mange avec appétit. Ce qui me rassure. Il est temps que je parle d'autre chose que de ma faiblesse ...

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