30 juin 2001
Un orage et ce qui s'en suit

J'étais bien montée vers les Laurentides depuis hier soir, avec les trois garçons, en les tirant par le bras pratiquement ... mais je n'ai pas eu la soirée à moi parce que moi aussi, j'étais entrainée dans le déménagement de ma soeur jusqu'à une heure du matin! Moi qui pensais être la seule à se tenir en marge, laissant les autres se démener ... j'étais là aussi, à déballer et à poser les tableaux sur les murs! Enfin ... passons-nous de commentaire sur ce qui se passait dans ma tête, lors de cet exercice!

Aujourd'hui, dès leur réveil, je suis aux prises avec trois garçons qui mangent, qui boivent ... et qui s'ennuient, puisqu'ils se sont mis dans l'idée qu'ils auraient préféré rester en ville, dans leurs pantoufles! Alors j'ai pensé concocter un bon repas pour ce soir, pique-niquer dehors pour profiter du beau soleil et leur raisonner doucement sur le pourquoi de leur présence à nos côtés. Pour les tenir allumés, j'ai même mis mon maillot de bain avant le lunch pour signifier que vraiment, j'ai l'intention qu'on se marre ensemble. Mais, il a fallu le concours de l'orage qui s'est abattu sur nous alors que nous étions dans le lac ... La pluie tombait drue et fouettait notre peau, enlevait le pneumatique sous lequel nous nous abritions, nous arrachant des cris de surprise, d'excitation et de plaisir! Nous nous hâtions vers la maison, moins pour nous abriter puisque nous étions trempés déjà, plus pour fermer les portes et fenêtres qui ont quand même eu le temps de laisser entrer des mares d'eau partout! Ce qui s'en suit était tout à fait ce que nous souhaitons comme climat de vacances avec les garçons: une fois maman à l'abri et les fenêtres fermées, ils sont retournés à l'eau se baigner avec entrain, puis allumés un bon feu de foyer, et racontés, les yeux brillants, l'expérience du front d'eau qui avançait sur le lac à mesure que l'orage arrivait sur nous. Ils étaient vivants et agréables, et contents d'être là, au bon moment!

J'aime l'air limpide après l'orage. Au loin, la brume descend sur les crêtes des montagnes environnantes. Tout proches, les oiseaux sortent de quelque part, je les imaginent qui s'ébrouent. Partout, la végétation redresse les épaules, secoue leur torpeur et aspire à grands bols toute l'humidité ambiante! Dans la maison, un sentiment d'unité descend sur ses occupants: là où nous sommes est la seule place où nous devons être, tous les cinq, et nulle part ailleurs!

Au fait, les jumeaux ont quinze ans aujourd'hui. À part de le mentionner, nous n'avons rien fait de plus, ils étaient déjà fêtés la semaine dernière. L'orage s'en est chargé de sa part de cadeaux de souvenir mémorable!

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