25 juin 2001
La vie ...

Trois ou quatre jours sans écrire, et me voilà embêter devant l’écran blanc. Encore une preuve que pour écrire fluide et simple, il faut écrire tous les jours!

Pourtant, les derniers jours furent riches et heureux. Il y avait chez moi, dans mon nid, vingt-neuf personnes pendant plus de quarante-huit heures. L’exploit était que personne n’avait à dormir à terre : un exploit d’hôtesse! Malgré le ciel gris et pluvieux la moitié du temps, la baignade était possible, les fous rires de connivence des sœurs et des frères étaient au rendez-vous, le plaisir des jeunes était évident. Le feu de camp, le jeu de poches et le jeu de fléchettes en bande, la balade en bicyclette en duo de mon mari et de mon beau-frère l’Irlandais (les deux seuls québécois de souche), les dix-huit trous de golf du trio formé de mon mari, ma sœur la dentiste et son époux le médecin, les trois gâteaux d’anniversaire pour mes trois fils, … tant d’instantanés qui passent devant mes yeux maintenant et qui garniront le bagage de mémoires heureux de vingt-neuf personnes pour longtemps : un exploit d’aînesse!

Les moments tendres : la promenade de mes parents, la main dans la main, les parties d’échecs chinois de ma mère et de l’un de mes fils (grand-mère expliquant stratégies et trucs au petit-fils toute ouïe et tout sourire). Les moments forts : la discussion très tardive de sept ou huit d’entre nous qui furent exclusivement parents d’enfants et d’adolescents (un modèle d’atelier « Parents efficaces ») et les repas dans la bonne humeur complète où tout ce qui s’avale s’envole, où le bon ton se marie au bon goût …

Hier soir tard, nous sommes revenus en ville, quoique nous aurions pu repartir seulement aujourd’hui, question de savourer un certain calme revenu, après le départ de tous! Non, ce n’est pas nécessaire, les portes étaient grandes ouvertes mais la turbulence n’était pas entrée, seulement, la vie, la joie et l’harmonie! En repartant, nous avons en quelque sorte clôturé la fin de semaine de réception, et redonné à mon nid son rôle de réceptacle de mes pensées tranquilles et secrètes … Ouverture et fermeture au rythme des saisons et de la vie, ici et maintenant … qu’ai-je besoin des « vacances » ailleurs, c’est-à-dire nulle part?

Vous ai-je dit que le dix-septième petit-enfant de mes parents est en route … En cette fin de semaine de la fête nationale des québecois, c’est le cadeau le plus authentique que nous puissions apporter à ce pays que nous avons adopté, non pas au nom de la race, de la nation ou de la langue, mais de la vie tout simplement! …

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