09 juin 2001 Grand prix, petit prix!
J'étais décidée à me laisser vivre doucement aujourd'hui ... et ça a marché! Matinée tranquille! Je ne me suis même pas forcée à finir de lire La Presse et Le Devoir du samedi, avec tous leurs suppléments et cahiers. Nous étions partis ensuite vers le Nord, avec le joueur de basket et une remorque, amenant quelques matelas de plus (pour recevoir le clan des trente trois âmes dans une quinzaine!). En passant, nous sommes allés voir les scouts avec leurs installations à la kermesse, puis en montant, nous avons fait une grosse commande à l'épicerie, toujours pour préparer la venue du clan. Mais ... (quel mais!), après avoir trimballé le tout sur la belle route du Nord, devant le nid, nous nous buttons à la porte close, sans avoir la clé, ni l'un ni l'autre. L'idée de casser une vitre ne nous avait même pas effleuré, une chance que mon mari a une clé du garage: les matelas sont donc rangés, ainsi que l'épicerie non périssable!
Retour en ville donc, après avoir flâner au bazar annuel tenu par la Légion, à Morin Heights. Mon mari s'achète un bâton de golf: il se fait un point d'honneur de bien jouer malgré ses bâtons ramassés au hasard. L'idée de s'acheter un équipement complet et neuf ne lui vient pas naturellement. Puis il s'achète une ceinture de cuir, du genre que l'on taille et perce des trous sur place! Je trouve des petites couvertures de laine grise pour que les garçons puissent les trainer au coin du feu ou en camping ... Malgré des petits prix, je ne prend rien qui ira grossir le bric-à-brac au garage ... Retour en ville en mangeant des frites et du poulet dans la voiture, comme sur la route des vacances. Les doigts graisseux, un pied sur le tableau de bord, je suis apaisée. Sur le bord de la route défile toute cette verdure qui me comble et me nourrit ...
À la fin du jour, nous voilà prêts pour le bain de foule qui s'est avéré très potable (je l'ai su plus tard: c'était encore tôt quand nous y étions, par la suite, c'est-à-dire, après 21h, les gens commençaient réellement à affluer sur la rue St-Laurent!). Bref, nous avons soupé dans la rue (enfin, la table était installée dans la rue qui était fermée à la circulation) avec notre fille, puis désambulé, le nez en l'air, comme de vrais touristes. La rue St-Laurent avec sa faune ne m'a pas surprise, quoique je passais sans vraiment m'attardée sur des observations. J'étais là comme pour vérifier que je suis vraiment détachée et détendue, que je vis ce qui se passe, sans attente ni souvenir. Je sais que mon mari est dans le même état d'esprit que moi, ce qui rend le moment présent plus précieux encore. Il me vient à l'esprit maintenant, la phrase qui figurait sur notre carte de faire-part de mariage, il y a bientôt vingt-deux ans: "Le chemin du bonheur est tellement étroit qu'on ne peut y être deux à moins de ne faire qu'un". Récemment, je ressens la vérité de cette phrase de plus en plus souvent ...
Pour revenir à l'air de la ville cette fin de semaine, on y respire le Grand Prix (de Formule 1!)! Les rues pavoisent, la ville parade et ... tout le monde se précipite au restaurant pour "exercer" le bonheur de vivre (ce n'est pas une polémique que je soulève parce que je le fais aussi!), alors ... les restaurants affichent au menu leur grand prix aussi! Avez-vous remarqués, amis montréalais, que les menus sont tout neufs et les prix plus chers? Mon gendre le confirme (il travaille dans un chic restaurant sur la rue St-Laurent justement!), la nouvelle carte est toute neuve depuis mercredi! Les victimes consentantes que nous sommes n'ont pas l'air de se plaindre du tout, trop occupées à exercer le bonheur de vivre!
Me voici au clavier et je constate que les diaristes aussi sont ailleurs qu'à l'écran, donc ... au restaurant, au Grand Prix ou dans les petits prix (de toutes les ventes de garage!), et très certainement occupés par le bonheur de vivre! Tant mieux donc, je n'en peux plus de lire les plaintes et complaintes (les miennes me suffisent!). Que l'été soit doux et tolérant pour tous!
hier
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