04 septembre 2000
Tourbillon social

Faire les deux trottoirs de la rue principale de St-Sauveur avec nos amis suisses m'a épuisée. J'observe leur retenue dans les dépenses, malgré l'attrait des vêtements et des babioles. Je pense à leur vie de fonctionnaires réglée ... comme une montre suisse pour les unes, ou leur vie de retraités économes pour les autres (autonomes, comme ils se plaisent à se taquiner!).

Hier soir, il a fallu encore retourner en ville pour une fête-surprise en l'honneur des cinquante ans d'un ancien voisin (et copain de ruelle!) de mon époux. Au milieu d'une trentaine d'inconnus, à côté d'un grand buffet (grand n'est pas synonyme de savoureux!), dans un spacieux solarium orné d'abondantes plantes artificielles (!), je joue à l'épouse! Il ne me reste que de marcher trois pas derrière monsieur pour faire parfaite! Heureusement nous n'avons pas resté longtemps, pour retourner au large, enlever ces bas-culottes qui m'enserrent, cette jupe qui m'étouffe, et retrouver le ciel étoilé, l'air vif et la paix relative de mon chez-moi!

Aujourd'hui, sous un ciel lumineux et éclatant, nous sommes allés au Mont-Tremblant, montrer cette station balnéaire fabriquée à nos amis. Ils ont aimé la télécabine et la vue circulaire du haut du Mont. Ça a valu la peine de "trembler" un peu, sur Tremblant, qu'ils disent. Mon mari se promet de retourner faire du ski avec les enfants. Retour en ville dans le flot ralenti du trafic.

Ce soir, souper chez ma soeur avec nos amis suisses. Ils ont apprécié bien sûr. Ma soeur a bien paru, les contacts bien établis pour un éventuel voyage en Suisse ... Mais j'avais hâte d'en finir. Leur accent plaise toujours, mais les sujets sont limités. Leur gentillesse est toujours palpable, mais moi qui n'apprécie ni blagues cochonnes, ni rires faciles, alors ma chaleur se coince, mon sourire se crispe et ... les rasades de cognac de mon époux me fatiguent ... Enfin, je les laisse à eux-mêmes pour quelques jours, avant qu'une autre Québecoise les prenne en charge. Je les reverrai la semaine prochaine pour un souper d'adieu, chez moi, en ville.

J'ai hâte à demain, retrouver mon train-train, et mes plantes, et mes lectures, et mon mandarin, et oui, et mes clients.

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