12 juin 1999
Mystère de la patience

Je suis entrain de lire "Le mystère de la patience" de Jostein Gaarder, celui qui a écrit aussi "Le monde de Sophie". Une merveille à lire, tellement que cela m'assomme de temps à autre, à cause des bijoux de vérité. Je m'arrête de lire de temps en temps pour mieux digérer les coups de poing que ce livre d'apparence si simple m'envoie en plein sur le plexus. Je suis estomaquée!

C'est le même livre dans lequel mon plus jeune et moi nous lisions il y a deux jours. Le même dans lequel je lisais des bouts à mon mari pour le plaisir de partager. Je l'ai emprunté à la bibliothèque et renouvelé hier pour donner le temps à mon fils de continuer à le lire. Mais c'est sûr que je vais l'acheter, tout comme le "Monde de Sophie". J'ai tellement le goût de partager avec vous ici mais je passerais des heures et des heures sans pouvoir tout vous dire. J'aimerai tellement que vous le lisiez vous aussi. Plusieurs idées me viennent actuellement...

D'abord, j'ai envie de trouver une école primaire, niveau 4iè à 6iè année, où je pourrai offrir de venir lire aux enfants des extraits de ce livre. Pourquoi pas tout ce livre? Comme ça, bénévolement. Ce sera un beau partage!

Ensuite, je veux commencer à fréquenter un groupe philosophique, peut-être faut-il commencer par un café philosophique. J'espère trouver du monde intéressant, mais surtout pas du monde qui se prend pour un autre ou bien qui pose...

Depuis quelques jours je me sens m'éveiller à quelque chose de très différent. Je me sens naturellement m'ouvrir à des possibilités incroyables. Je me sens créative, je me sens devant des chemins nouveaux, une façon de voir les choses différente. J'essaie de communiquer ces sentiments à mon mari. Il a l'air de prendre tout ça naturellement, mais je ne crois pas qu'il comprend vraiment. Il présume qu'il est capable de tout prendre mais je crois justement qu'il ne pourra pas. Je crois que le fait d'essayer de communiquer comment je me sens, c'est ma façon pour ne pas le perdre en chemin, pour garder le pont ouvert. Je suis prisonnière de mon propre paradigme: Rester raisonnable, préserver la famille modèle. Je crois que j'ai toujours compris que j'ai beaucoup de potentiel, de possibilités, de créativité. Au lieu de m'inquiéter de me brimer tout le long et pour le reste de ma vie, je me suis toujours attarder à rester en contact avec lui et m'inquiéter plutôt qu'il pourrait se réveiller dans sa quarantaine et regretter de ne rien avoir fait de ce qu'il rêve de faire dans la vie. Ce que je croyais m'inquiéter pour lui est en fait des inquiétudes pour moi-même. Je me suis sûrement mise à essayer de me conformer à l'image traditionnelle de l'épouse derrière l'homme (pour ne pas dire le grand homme!). J'ai sûrement toujours essayé de ne pas trop grandir pour lui laisser de la place, non pas qu'il en réclame, mais plutôt moi-même qui inconsciemment veux me conformer à la culture populaire. C'est moche n'est-ce-pas? C'est même vicieux! Ne pas s'assumer tout en se leurrant que c'est pour laisser de la place à l'autre! Dans le fond, peut-être souhaiterai-je que mon mari soit plus "grand" qu'il ne l'est en vérité, malgré le fait qu'il soit brave, bon, et aimant. En tout cas, il est vrai que je ne me contente pas de l'accepter tel qu'il est. Ni assumer telle que je le suis!

retour à la page principale

consulter les archives