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Aujourd'hui, quatorzième jour de mon confinement avec ma mère. Évidemment, je suis beaucoup moins maniaque dans les lavages de mains tout en me disant que je ne dois pas relâcher. Dans ces quatorze jours, je suis allée à la pharmacie une fois pour finaliser le transfert du dossier de ma mère. Et deux sorties de quinze minutes sur le terrain entourant notre édifice à condominiums, en plus de cinq minutes sur le balcon. Pourtant, tout va bien. Je n'ai pas de fourmis dans les jambes ni d'envies incontrôlables. Et je réussis à limiter les portions pour ne pas prendre de poids. Mais je n'en perd pas non plus.
J'ai le sentiment de camper dans ma propre maison. Il y a quelque chose d'intemporel dans chaque objet qui se pose là, négligemment au coin de la table, sur le bras du canapé, sur toute la surface de la commode dans la chambre. Ils sont là comme pour s'incruster, sans être à leur place. Mais ce n'est pas grave. Toute mon attention est ailleurs, sur l'attente, sur les chiffres égrenées chaque jour, à 13h, sur les dommages, les décès, les déchirures non pas que sanitaires mais aussi sociétales.
Les jours se passent, plus vite que lentement, aux rythmes des repas et des nouvelles. Il me semble que ce n'est pas possible de revenir comme avant. Je refuse même de revenir comme avant. Comme si revenir comme avant c'est ne pas avoir rien appris de la présente leçon.
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