|
Des jours fébriles. C'est ce que je ressens mais cela ne paraît pas du tout. Des jours heureux. Je suis entrain de clore l'épisode d'un été très différent, jambe cassée, va-et-vient incessant vers la maison de campagne pour parer au plus indispensable d'une petite collection de bonsaïs encore disparate. Été suivi d'un automne qui a paru essoufflant au départ pour caser tous ces arbres sous leur toit d'hiver, en plus de me préparer à un stage de bonsaïs d'importance. Stage important parce que je n'ai encore jamais appris avec ce maître venu d'ailleurs, les arbres qui vont m'accompagner sommeillent encore dans la cour arrière d'une compagne d'aventures.
Finies les séances de physiothérapie. Je me dis guérie à 95 %. Mon oeil affecté d'une sclérite aussi. Je me prépare doucement à la croisière qui s'annonce et qui sera précédé de rencontres amicales à Boston et d'un concert au Boston Symphony Orchestra. Vacances bien méritées, moi qui d'ordinaire ne qualifie jamais mes voyages de vacances.
Atterrissage forcé et forçant donc d'un été imprévisible. Mais l'automne a repris ses droits, moi ma cape et mon béret couleur d'automne éclatant. J'ai aussi repris la marche des lectures en zigzag, me permettant d'acheter des livres encore alors que mon bureau en déborde. Sur la carpette immobile, le carton sensé recevoir des livres que je veux bien m'en défaire reste presque vide. Je me garde bien de ne pas revisiter les quelques livres qui s'y trouvent. À côté, mon grand coffre à outils sur roues, prêt à l'action. À côté encore, un autre carton vide sans vocation.
Il y a quelques jours, j'ai acheté un essai de Peter Handke sur le Lieu Tranquille. Étonnante et adorable lecture, séduisante dès la première page, du fait que l'auteur, nouvellement nobélisé, a fait référence à A.J. Cronin que j'ai beaucoup lu dans mes années adolescentes. Il a aussi parlé du livre «Quelle était verte ma vallée», le livre fétiche que j'ai lu et relu et traduit en vietnamien, activité incongrue pour une toute jeune femme. J'ai acheté le petit livre sans avoir lu cette première page. En le lisant, je me suis sentie tout de suite connectée à cet auteur, de cette confrérie littéraire inattendue.
Avec le Peter Handke, j'ai acheté le dernier Aki Shimazaki «Suzuran», un Umberto Eco «Chroniques d'une société liquide» et «Apprendre au XXIè siècle» de François Taddéi sur l'évolution des savoirs et des apprentissages. Ce dernier livre pour moi c'est pour mieux comprendre le monde devant nous, me sentant déjà ne plus y appartenir.
La sculpture en bronze s'intitule «La Rencontre» est installée sur la place Jean Béliveau à Québec
hier |