31 Mai 2019
Faire le pont

À force d'aller et de revenir entre mes deux maisons, j'ai perdu le compte des jours qui se mesurent par les prévisions météologiques. Quatre ou cinq degrés d'écart entre les deux maisons quand même.

J'ai décidé que les deux bongainvilliers vont rester dans la maison jusqu'à ce que les petits matins seront moins frisquets. J'ai commencé à documenter plus sérieusement les arbres, à commencer justement par ces deux-là, suivis par l'Albisia qui aura besoin d'être rempoté.

Nous avons commencé à défaire ma tanière en ville. Tout va bien sauf que j'ai beaucoup de livres qu'il faudra penser à une façon de les ranger. Au passage, je veux bien laisser partir quelques-uns qui n'ont plus de valeur à mes yeux. Maintenant j'ai l'ordinateur, avec son écran de 17 pouces, sur la console étroite devant la grande fenêtre. Tout est plus à ma portée, mieux éclairé. Ma vitesse au sudoku fut donc meilleure.

Un certain équilibre s'installe entre les deux maisons. Faire le pont par la route devient facile. Cuisiner dans chaque maison devient une prouesse plaisante. Et je réorganise le tiroir des épices en ville, l'armoire des casseroles à la campagne.

Voilà sept ans que nous habitons cet appartement en ville. Vison assumée, et partagée avec Lui, des sept prochaines années où le maison de campagne s'affirme et le pied-à-terre en ville prend le second plan. Mais ne nous leurrons pas. L'équilibre donne une quasi égale importance aux deux.

Il m'arrive encore de m'ennuyer de ma grande amie de Québec, celle qui est décédée depuis trois ans déjà.

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