18 mai 2017
De plein pied

Au rythme effréné de ce voyage, d'autant plus que je partageais la chambre avec une compagne, ce fut impossible de raconter le voyage au fur et à mesure.

Revenue depuis quarante-huit heures, valises vidées, lessive terminée, «jet lag» sous contrôle, je raconte à peine les lieux visités mais beaucoup sur les relations interpersonnelles.

De nouveaux, mes espaces de travail sont envahis de ce que l'on ramasse en voyage, informations, reçus, brochures. Et encore, j'ai déjà beaucoup trié en cours de voyage pour revenir quand même avec des valises pleines, en plus d'une caisse plus lourde qu'utile.

Cet après-midi, nous sommes allés chercher l'arbre que je vais travailler la semaine prochaine en atelier avec un spécialiste venu des États-Unis. C'est un Pinus ponderosa, un pin jaune, impressionnant par sa taille et son origine. Moi qui n'a jamais eu de pin avant ce jour.

Quand même, j'avais travaillé sur des pins blanc et noir au Japon. Moi qui n'a jamais eu d'arbre de cette taille. Il m'est impossible de le soulever, pas qu'à cause de son poids mais aussi à cause de sa forme et ses longues aiguilles qui m'arrivent au visage. Il va falloir se débrouiller. Comme je me suis débrouillée en voyage, seule avec mes valises. Heureusement que la grosse valise se faisait transporter par camion pour me précéder de deux ou trois jours, pendant que la petite me suivait de train en train, d'un endroit à un autre.

Hier soir, souper avec les enfants et les petites. Ce fut un plaisir de les revoir. En cours de voyage, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer d'eux. Même au tout dernier jour, je suis plus soucieuse de clore le voyage en beauté et de revenir de plein pied que de jongler sur l'absence et l'ennui.

Aujourd'hui, ça fait quarante-deux ans que je suis montréalaise. La ville fête en ce moment son 375è anniversaire. Quel écart de civilisation avec le Japon que j'ai vu en éclair.

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