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Hier et aujourd'hui encore, nous gardons les deux petites, la plus jeune ne voulant plus aller à la garderie, en sachant que sa soeur est avec nous. Hier midi, nous étions sept à ma table, incluant deux fils et un ami à Lui. Mon frigo fourni toujours amplement.
Hier soir, nous étions au salon funéraire pour la belle-mère d'un de mes frères. Des rites bouddhiques, les encens brûlent à profusion. La salle est pleine de monde de noir vêtu, les membres de la famille portant un bandeau blanc, signe de deuil.
Ce matin, au lever, deux nouvelles arrivent par courriels, deux décès le même jour, le 8 mars, l'un à Paris, l'autre à Montréal. Le premier était un de mes anciens professeurs d'université au Vietnam, le second, une ancienne compagne des affaires associatives. Les deux ne faisant plus partie de ma sphère de vie présente, ce n'est donc pas le choc de la perte d'êtres chers, mais le rappel brutal à des souvenirs heureux. Heureux mais classés. Et oubliés jusqu'à ce jour.
C'est la présence des petites, pleines d'entrain et de souffles de vie, qui m'a gardé branchée au présent. J'ai transmis la nouvelle du décès du professeur à deux camarades vivant en Californie. Et je n'ai pas décidé encore si je vais au salon funéraire pour l'ancienne compagne, ou bien j'écrirai mes condoléances à son mari que je ne connais pas.
Ce soir, les petites restent pour la nuit. Elles ont amené leurs «valises» plus remplies de toutous et de jeux que de linge. Le rituel du bain, de la sortie de bain bien emmitouflée et séchoir à cheveux pour leur fins cheveux fous: tendresse infinie pour le papy.
Au coucher des petites, je suis prise de vertige. Non pas que tout tourne mais je vacille en oblique. Mystère qu'il faut éclaircir avant le Japon dans six semaines.
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