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Oui, aujourd'hui ça fait quarante ans que nous sommes devenus montréalais. Hier c'était la célébration familiale, au Reine-Elizabeth, au restaurant Le Montréalais pour la symbolique. Nous étions arrivés à l'hôtel Queens, démoli depuis, situé à un jet de pierre de là. L'événement fut intime, joyeux et sobre, malgré quelques émotions lors de la projection du film maison chargé de témoignages.
Lors de mon mot d'introduction, cette terrible migraine monstre que je n'ai plus depuis une quinzaine d'années est revenue sans avertissement, me laissant pantelante mais pas sans voix heureusement. Je me suis commise par cette introduction à une production écrite, un livre ni plus ni moins, qui sera le cumul d'une histoire familiale, à transmettre aux générations futures.
Ma grande amie de Québec vient de téléphoner à l'occasion de cette date chanceuse qu'elle disait. Cette date que j'ai brandie comme date magique pour lancer ce journal du Monde de Sally. Fifille disait que je devrais peut-être profiter de la date pour mettre un terme à ce journal, commencé il y a seize ans. Je ne sais pas si le fait de mettre les clés dans la porte est plus difficile ou de continuer à m'y entretenir, seule face à moi-même. SEULE, j'insiste encore une fois. Ce Monde de Sally, ma seconde peau, devenant étroit quand je sens le regard d'un autre par-dessus mon épaule. On dirait que c'est débile de s'exposer ainsi sur la toile tout en réclamant la paix d'esprit et de plume. Mais c'est dans l'anonymat qu'on est seul, j'y crois. Ainsi, si j'arrête d'y écrire, personne ne pleurera, sauf moi. Si je continue c'est pour moi-même donc.
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