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Je ne sais pas si ceci va avec cela mais depuis que j'écris peu ici, je suis beaucoup plus sereine. Fini ce souci constant derrière la tête sur le quoi écrire la prochaine fois. Fini ce besoin de raconter de façon intelligente et intéressante des faits et des jours. Et pour qui? Ce qui qui avalise ou banalise.
Raconter, écrire, par souci d'être cohérent avec soi-même et aussi pour s'assumer toujours avec le recul du temps, oblige à présenter les faits dans une tournure de récit, non pas sous l'angle enjolivé, mais de façon positive et factuelle. Comme une auto-censure, comme lorsque l'on reste sur ses gardes.
Après quinze ans et tous ces mots, je comprend ceux qui ont arrêté tout d'un coup, prisonniers de leur lectorat. Je suis contente de retrouver ma part d'ombre pour le moment. À force d'écrire moins, peut-être qu'un jour je me sèvrerai de mon personnage du monde de sally, sans regret. Déjà maintenant, je me sens délivrée de la hantise de l'hébergeur qui change ses supports techniques. J'avais peur de perdre des pans de ce journal. Maintenant, je dirais: Ainsi-soit-il, si cela arrive. De toute façon, pourquoi nourrir la vaine idée qu'une part de soi nous survivra. Hormi les enfants de notre sang. Et leurs enfants.
Ce n'est donc pas encore un point à la ligne mais des points de suspension.
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