28 octobre 2011
Ma lumière

Il y a des jours qui se lèvent, sans raison apparente, incertains, un peu troubles même. Peut-être parce que l'on attend trop, ou trop peu de la journée. Trop d'intentions, trop de place à improvisation, ou trop peu d'attentes précises. Pourtant l'horizon est clair. Il n'y a que l'esprit, après des années d'entrainement, commence à vouloir prendre relâche ...

Ce matin, je n'avais qu'une idée en tête. Cuisiner dès le lever. Ce qui fut fait. La maison sent bon la casserole de ragoût. Le nouveau dossier avance par bonds, à coups de téléphone et d'obligations cléricales.

Nous sommes allés revoir cette maison de mes vieux jours qui m'intéresse depuis quelques semaines. Avec fifille et la petite. En sortant, nous déjeunions dans un bistro. Belle expérience pour le papy qui voit la petite manger avec appétit. Il lui donnait de sa soupe. Avec application. Elle qui dandinait dès qu'elle entend des sons qui s'apparentent à quelque musique rythmée. Des yeux clairs, un petit minois délicat. À quinze mois, elle communique très clairement ses volontés.

Pour la maison, nous avons avancé d'un pas, moi très sereine, appliquant à moi-même la conviction disant que ce qui est à toi est là pour toi, rien ne sert de courir ou de se précipiter. Si elle nous échappe et bien qu'il en soit selon son destin. Mais cette deuxième visite a donné une profondeur nouvelle à la réflexion. Ce n'est plus que la maison de nos vieux jours, mais aussi, selon fifille, la maison familiale, le «chalet» de ses frères et d'elle-même quand nous n'y serons plus, un jour.

Ce soir, comme aucun des totons ne sont disponibles pour venir manger de mon plat, et voir la petite, comme une de mes soeurs est toujours partante pour la serrer dans ses bras, son mari et elle sont venus souper. Entre les coups de fil reçus et donnés, entre les courants d'air irrésistibles de la petite, ses petites bouchées, ses mimiques, ses jeux, son biberon, son bain et son coucher, je ménage mon tour de rein.

Les jeunes parents sont revenus récupérer la prunelle de leurs yeux, après le spectacle de ballet. J'ai pu finir de ramasser la cuisine, la salle à manger et le reste. Il paraît que mon ragoût fut apprécié, moi-même, je n'en sais rien, alors que j'ai mangé, assise sur une fesse, l'esprit circulaire et lucide. Je me sens éclairée de l'intérieur. Et la petite ma lumière, sur ses pas vacillants.

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