27 août 2009
Juste à temps

Ce matin, j'allais avec l'autre voiture, transportant des cartons, une vieille machine à écrire - pas assez vieille pour être une antiquité, pas grave, j'ai gardé une autre identique - en plus d'un four micro-ondes, pour les donner au Chaînon. Sur les routes du Plateau Mont-Royal, embouteillage et suite de feux rouges. Dans le terrain de stationnement arrière du Coffre aux trésors, arrivaient en même temps, quatre voitures, dont la mienne. Quatre femmes de tous âges en descendaient trainant leurs sacs, leurs boîtes et leurs valises. Je me suis dite que toutes ont subi les mêmes encombrements routiers que moi et que toutes ont fait un détour, par solidarité, par sens du devoir de récupération. En repartant, je me disais que c'est drôle quand même, les responsables de tous ces scandales financiers, dépouillant la veuve et l'orphelin, ne sont jamais une femme!

Les déménageurs sont arrivés enfin. Quelques heures plus tard, l'autre demeure fut vidée, et le perchoir rempli. Mais vraiment rempli. Je passais le reste de l'après-midi à vider, à aménager. De petits meubles disparaissent au garage, refoulés. Les armoires sont pleines. Débat toujours entre la table ronde de travertin, bonne pour six-huit personnes, ou la table de verre, avec le pied en travertin aussi, bonne pour huit-dix convives. De toute façon, celle qui sera refoulée, ira encombrée la maison à la campagne, ou l'autre garage!

Ce soir, mon plus jeune fils est passé, au retour de son quart de travail, fatigué. Il aura à choisir entre deux petits emplois, garçon de table ou caissier à l'épicerie. Mais je vois qu'il prend sa toute première année à l'université à coeur. Je lui offre à retardement son cadeau d'anniversaire, de quoi s'acheter de nouveaux souliers. Il est reparti bien sûr avec des fruits et du jambon.

Il me reste encore une dizaine de cartons à emballer et à transporter de l'autre demeure. Et l'arrachage de dents sera chose du passé. Juste à temps pour revenir aux affaires courantes. Car la rentrée est là, effervescente, dans les rues, dans les hordes de jeunes étudiants de la première année qui défilent non loin, subissant les rites d'initiation. Aussi dans le nombre accru d'appels téléphoniques reçus. Tous choisissent de parler à lui, comme par hasard, me laissant la chance de sortir la tête de l'eau avant.

Nous avons raté la rentrée culturelle, inconscients des billets de théâtre que nous avons pour ... hier soir. Bon, maintenant, toutes les dates sont enregistrées dans le blackberry.

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