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Les amis sont repartis pour Toronto depuis hier, pour deux jours. Je retourne au cocon chaque jour pour arroser les plantes. Depuis quelques jours c'est l'été tout chaud et humide. Les deux plants de tomates-cerise demandent beaucoup d'eau. Quand je vais au cocon, je retrouve les gestes habituels, j'y suis toujours chez moi ... mais en prenant soin de ne rien toucher à ce que les amis ont laissé.
Au perchoir, j'invente des gestes et des habitudes. Pas tout à fait les mêmes, pas tout à fait les autres. Le lit d'ami n'est pas mon vrai lit, même mon oreiller a perdu ses plis et son odeur. Dans la cuisine, nous mangeons dans les soucoupes abandonnées des fils. Pas de vraie vaisselle encore. Seuls les ordinateurs sont entièrement fonctionnels, comme les téléphones et les imprimantes. C'était essentiel pour lui.
Je m'accorde un entre-deux monde, une bulle à saveur vacancière. J'ai même sorti, pour la première fois cette année, le pantalon trois-quarts blanc, les petites camisoles des grandes chaleurs.
Fifille a voyagé de nuit. Ce matin, elle déjeunait avec nous, et un de ses frères. Ensuite, ils allaient tous deux rejoindre les deux autres, revenus au cours de la nuit aussi, de leur camp scout. Ils font les emplettes pour la surprise à moitié, de demain. Rien que de les voir tous les quatre s'activer dans un projet commun et je perçois déjà le plaisir de ce cadeau. Passer l'inconfort d'un projet qui n'est pas empreint de notre touche personnelle alors que nous en sommes les principaux intéressés, je hume presque à l'insouciance de celui qui se laisse faire. Mais en même temps, je prépare le barbecue du lendemain, pour une réunion d'amis.
Un de mes beaux-frères vient de préparer un saumon gravelax pour moi. Je saurai quoi faire dorénavant. Il me reste à mariner de la viande demain matin. Et acheter les à-côtés, et les pains, le matin même.
Ce soir, je fais un poisson de moi, m'immergeant dans le grand bain. Les oreilles dans l'eau, j'écoute ma respiration et les battements de mon coeur.
Au coucher, lui me dit: «Nous serons très bien ici!» Et moi de répondre: «Même si tout ce que nous avons comme projets ne se réalisent pas, tenons-le pour dit, nous avons déjà tout ce que nous avons besoin», en pensant à notre vie bien entourée, enfants, famille, amis ...
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