|
Fiston est revenu. Inchangé. Non, plus sûr de lui, sans avoir laissé son coeur à Winnipeg. Mes derniers milles furent courus avec brio. J'ai pris le temps de soigner les plantes, bien nettoyer la maison, laver les draps, changer les draps, faire quelques achats. Tant et si bien que le cocon est devenu tout doux, tout accueillant. Les fruits frais sur la table. Pas de fleurs, je voulais faire convivial mais pas formel.
Mes amis sont arrivés cet après-midi avec beaucoup de valises. Retrouvailles et plaisirs partagés. J'avais commandé des «bánh cuốn». Nous avons fait un petit tour de voiture le long du fleuve. Lui tenait à s'arrêter pour acheter à tous des cornets de crème glacée. Puis nous les avons laissés seuls. Il est vrai qu'il est rendu plus de 2h du matin pour eux.
Il fut étrange pour moi de repartir au perchoir. Allumer la lumière dans l'escalier. En bas des marches, prendre une grande respiration pour monter les marches d'une traite. Lui reprend le geste d'ouvrir la boîte aux lettres au passage, y passer sa main, cherchant quelque courrier, alors qu'il l'a déjà ramassé ce matin. Dans la maison plus qu'à moitié vide, l'écho rend nos déplacements étranges, presque suspects.
Enfin, je ressens les derniers milles courus dans tous mes muscles fatigués. Impossible de faire quoi que ce soit. Il n'est que 21h. Douche et dodo.
hier |