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Hier, avant la fin de l'après-midi, la puce a repris du service, et moi aussi. Virée chez les parents pour constater que ma mère a fait suspendre la livraison de repas, et oublié ses médicaments. Et elle tenait à aller au marché. J'ai sorti le vieux bazou de mon père qui roulait très bien.
Épicerie, en trainant le melon d'eau qui pèse une tonne! Souper de restes, salées plus que d'habitude. Vaisselle. Thé vert. Quelques parties de cartes, boiteuses puisque mon père a oublié les règles, la ronde, les comptes. Quelques échanges avec ma mère, inquiète de ses journées qui s'égrènent, pas aussi paisibles qu'elles n'en a l'air. Dans le soir qui descend, d'un saut de puce, je suis repartie vers ma vie, à peine soulagée, soupirant, soucieuse.
Malgré une bonne nuit, je suis vite rattrapée par la réalité. Le dossier en cours qui est dans ses derniers milles peine et s'étouffe. L'arrachage de dent se poursuit, ce fameux déménagement. Il me semble ne pas entendre une seule personne me dire: «Avez-vous besoin d'un coup de main?» J'imagine que c'est le prix à payer quand on a l'air autonome et débrouillard! À moins que nous ne soyons si «efficaces», vu du dehors, aux yeux des autres qu'ils n'ont pas eu le temps de réagir, avant que nous n'aurions tout fini! Vu du dedans, c'est pénible et lancinant! Il y a bien les deux fils qui ont déménagé les bureaux, et replacer les grosses armoires, mais aujourd'hui tout particulièrement, je me sens bien seule, bien débordée. Avec deux enfants au loin, les deux autres aussi s'en vont, chacun de son côté pour de petits bouts de vacances.
Trêve de jérémiade, il faut que je me reprenne. Dans huit jours, les amis belges arrivent. D'ici là, il faut déménager vêtements, effets personnels, etc. et nettoyer la maison pour les recevoir. Et continuer minimalement les dossiers et tout le reste.
Ce soir, par temps orageux, je suis allée à la rencontre d'une nouvelle cliente. Dossier à ouvrir. Dossier complexe sous mon regard d'aujourd'hui. J'espère qu'il en sera autrement. Non, je ne me cherche pas des défis plus grands. Une vie douce, s'il-vous-plaît.
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