03 août 2009
Escapade vermontaise

Vendredi, jour de notre 30iè anniversaire de mariage, nous sommes partis, à dos de tortue, à peine une heure plus tard que l'heure fixée. Juste avant le départ, une amie des u.s.a. m'écrivait qu'elle en est à son 37è et qu'ils ne comptent plus. Et vlan, bien fait pour ma vanité!

Seulement, lui s'est trompé d'autoroute, se dirigeant vers la 91 au lieu de la 89. En plus de se tromper de guérite à la douane, en s'alignant sur la guérite des autobus, avant de reculer pour passer à celle des camions. Vous devriez voir le douanier américain sortir de sa cabine en criant, avant de l'aider à reculer pour ne démolir la colonne de l'oeil qui prend les photos des plaques. Le pire c'est que nous aurions dû passer par la même file que les autos et non les camions. Comme un éléphant dans un jeu de quilles. Il en a perdu, non pas son latin, mais son anglais, déclarant des «califlowers» au lieu des brocolis, d'une voix perchée, à peine trop énervée, que je craignais qu'il soit perçu comme querelleur par le douanier tout puissant!

Bref, nous sommes arrivés deux heures plus tard que prévu à ce camping au Vermont, au bord du lac Champlain. Vue à peine obstruée sur le lac et les montagnes.

Samedi, température idyllique. Nous flânions. Après-midi à la piscine où le soleil tapait fort. Nous ne nous sommes pas précipités, comme prévu, au golf, et avions réservé le bateau pour le lendemain après-midi. Je lisais plutôt, terminant «La course au mouton sauvage» de Murakami. J'avais amené avec moi mon ordinateur mais je ne l'ai pas ouvert.

Dimanche, temps gris tournant à l'orage. Impossible de sortir en bateau. Nous n'avions pas eu à convaincre l'employé de la marina sur notre refus de sortir par mesure de prudence, lui-même disait qu'il ne le faut pas. Promenade sous la pluie. Orage ensuite longuement, mais la tortue tient bon, malgré son grand âge. Arc-en-ciel s'en suive. Les photos viendront, quand j'aurai réglé la question de mémoire virtuelle insuffisante de ce petit ordinateur qui tient bon lui aussi depuis sept ans je crois.

Journée idéale hier pour commencer à lire «Les Piliers de la Terre» de Ken Follett, plus de mille pages dans la misère des petits gens du 12è siècle, des intrigues des nobles, des moines et des chevaliers qui guerroyent.

Dans le ventre de la tortue, nous avons commencé sérieusement à «habiter» les espaces. Je range le garde-à-manger au lieu de tout y mettre pêle-mêle. J'explore les armoires au-dessus de nos têtes. Avec le petit escabeau, je peux bien y ranger des livres. Le procédure de lever de camp et d'installation s'apprivoise. Lui déploie les auvents, les chaises de plage, comme pour répéter la routine.

Il y a trois jours, une connaissance nous disait son intérêt à acheter la tortue que lui se plaignait de ne pas utiliser beaucoup. Maintenant qu'il y a une offre sérieuse, il ne veut plus vendre. Il faut dire que nous avons rencontré un mécano très rassurant. Et puis, nous jonglons avec l'idée d'accrocher la puce à la tortue pour partir plus facilement encore. Enfin, peut-être faut-il continuer à nous divertir avec la tortue et exploiter tout son potentiel au lieu de s'en départir pour rêver encore à des si et des mais.

Aujourd'hui, temps magnifique. À pas de loup, le mois d'août s'est bien engagé. Nous sommes revenus en ville en empruntant le traversier à Platsburg, vers l'état de New-York. La route est plus courte mais j'ai raté l'occasion d'acheter une poche de blé d'inde sur les routes de campagne du Québec que nous avions empruntées à l'aller.

Le douanier canadien lui disait que ce serait mieux s'il arrête de manger en arrivant à la douane. Il grignotait des petites carottes que je fournissais de mon siège du passager!

Mes clients ont des antennes, je le sais. Alors que nous attentions notre tour à la frontière, une cliente a téléphoné. Une autre envoie un courriel dès que la frontière est traversée. Une troisième a téléphoné, juste au moment où je déposais mes effets dans le cocon. Quand même, j'ai pris le temps de manger mes premières tomates-cerise, directement après cueillette. Ensuite, nous sommes allés ranger la tortue, lui laissant tous les stores ouverts, le frigo branché, disant que nous repartirons ainsi plus vite!

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