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Aujourd'hui, j'ai basculé dans l'univers de «Nous sommes éternels». Quelque part, vers la 200è page, un peu avant un peu après, j'ai cessé de suivre le fil d'une histoire, cessé d'observer le style de Pierrette Fleutiaux, pour trouver tout normaux les comportements des gens somme toute assez névrosés! À preuve, je viens d'écrire «les gens» alors que ce ne sont que des personnages.
S'abimer dans un univers de fiction, c'est comme tomber dans les vagues doucereuses et traîtres. Émerger de là pour reprendre sa tête de tous les jours, c'est comme fendre les eaux ou contenir leur débordement. Surtout qu'elles m'ont bouffé une heure de trop et que je suis partie ... plus tard que prévu! Et que la voiture est à sec, et la circulation dense!
Cet après-midi, mon intuition s'est confirmée. Une voix au téléphone est devenue un rendez-vous pour visiter le perchoir. Le rendez-vous personnifié est devenu quelqu'un d'intéressé qui m'a offert un prix très vite et très bas! C'est quand même mieux que la ronde des visiteurs du dimanche. Mieux mais pas assez!
Ce soir souper au cocon avec l'un des fils. J'ai sorti des assiettes en forme de poisson pour servir le saumon et riz pilaf. Souper intime charmant, quoique simple. Tel que cela doit être chaque fois que nous verrons l'un ou l'autre de nos enfants.
Chez Jean-Duceppe, la pièce «Le Déni» rend suspects les psys et thérapeutes qui peuvent jouer dans la tête des autres. Évidemment, nous ne pensons plus à nous comme victimes mais aux autres, toujours.
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