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Ce matin, préparation mentale pour l'après-midi. Trois heures au perchoir. Trois heures très publiques quand la maison fut ouverte aux visiteurs. Des voisins curieux. Des promeneurs du dimanche. Dans le lot de la quarantaine de personnes qui sont venus essuyer leurs godasses sur le nouveau tapis que j'ai installé dans le vestibule, peut-être quelques acheteurs potentiels. Mais rien n'est fait. Nous seuls pratiquons le discours du vendeur souriant. Lui parlant trop, je trouve. Moi réprimant quelque ennui ou impatience, les visiteurs ne présentant pas la tête qui m'auraient encouragée. L'exercice m'a fait par ailleurs réaliser combien le tissu social, la composante humaine du quartier a changé fil du temps.
Retrouver le clan pour souper chez ma soeur de la Rive Nord. Nous étions trente-six. Réflexe conditionné de toujours compter le nombre des personnes présentes à ces rencontres familiales.
Sous l'effet heureux du retour de vacances ensemble en croisière de trois familles, ou par bravade inconsciente au monde extérieur en perturbation, le clan imperturbable sert à table des mets à profusion. Sans parler du gros phở au poulet qui n'a pas réussi à frayer son chemin jusqu'à la table, encore moins jusqu'aux panses déjà bien distendues. Les fromages et les pâtisseries eux ont bien gagné les faveurs populaires. Quand à moi, dans l'état de fatigue générale, j'ai perdu toute volonté. Seul mon estomac rétréci a opposé quelques résistances, heureusement bienvenues. Une chance aussi que j'ai réussi à être très régulière sur le tapis d'exercice en ce moment.
Il a fait très beau au cours des derniers jours. J'en ai pas profité, je trouve. Il me semble aussi que, tout comme les autres années, la période entre mon anniversaire et l'anniversaire de mon arrivée au Québec, entre le 18 février et le 18 mai donc, l'effervescence ou même la turbulence, teinte la couleur du temps. Comme si à chaque fois, je me retrouve sur une ligne de départ ...
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