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Dès ce matin, j'avais la tête dans le garage et le cagibi. Mis la main sur des cartons oubliés, et leurs contenus inutiles. Inutiles puisqu'ils n'ont pas servi depuis siècles. Mais pourquoi ont-ils résisté aux largages cycliques jusqu'à maintenant? J'imagine que tantôt l'on a besoin de garder traces de son passé. Ou tantôt l'on garde espoir d'avoir un jour besoin de quelques bidules «modernes» qui ont marqué notre imaginaire il y a quelques décennies. Ces objets ont fini par être tout à fait démodés, obsolètes même. Sauf que cette fois-ci, je crois que les faux sentiments n'ont plus de prise, les faux besoins non plus.
N'empêche que lui et son jeune fils sont partis avec la remorque, trimballant quelques incontournables qui vont trouver place quelque part dans le garage à la campagne. Parmi les rescapés, se trouvent le village miniature de Noël et la crèche de son enfance à lui. Et la petite valise remplie de poupées Barbie à fifille. Et la vieille collection de disques de vinyle, avec le tourne-disque. Et des malles métalliques de voyageurs au long cours, cabossés et vides. Et des caisses de vieux dossiers que je me promet de trier un jour, au coin du feu. Pour ce soir, je me réserve quelques autres caisses à déchiqueter, avec beaucoup de chiffres qui dansent. Dans le rouge, dans le noir. Goût d'encre. Comme la gorgée d'eau que lui vient de prendre, par mégarde, dans le verre où subsiste le reste de mon encre de chine de calligraphie.
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