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Rompre le rythme d'une entrée aux deux jours. Écrire vite pour dire ce que je ne dis à personne, puisque parfois les mots sont vains. Ou mal compris. Comme ce qui s'est passé ce midi, autour d'un repas frugal.
Ce soir, ai téléphoné chez les fils. Une blonde a répondu. Aucun des fils n'est là. Elle s'est avisée de m'informer où ils se trouvaient chacun. Étrange situation.
Ce soir, à deux, nous avons déchiqueté à la main une caisse de vieux chèques et de livres de compte de compagnie d'il y a une quinzaine d'années. Défilent sous nos yeux des noms de gens oubliés. Remontent à la surface, des situations et des moments, ni tristes, ni drôles, inodores, incolores après le passage du temps. Je me suis sentie drôle quand même, ressentant toute la vanité
des expériences du passé. Furieuse envie de revisiter le sens du mot vanité, pour que la leçon porte mieux encore. Après tout ce temps.
Mis à part les caisses de dossiers que je suis sensée conserver selon la loi, je sens que je vais déchiqueter, détruire, jeter, encore et encore. Pour oublier pour de bon.
Ce soir, lui est parti au cinéma. Je préfère restée seule. Sans téléphone, ni télévision, je retrouve mes esprits. Lire enfin. Et sentir à plein nez les huiles essentielles que j'ai appliquées sur mon cuir chevelu.
Après avoir remontée le temps, je me sens rescapée. Vivante.
hier |