03 mars 2009
Dans la cité

Je roulais le long du fleuve St-Laurent, en direction de l'hôtel-de-ville. En fait, ce n'est plus l'hôtel-de-ville depuis que les municipalités sont fusionnées, mais le bureau d'arrondissement. Je faisais le chemin pour aller payer les taxes foncières au comptoir, comme je le faisais aussi l'an dernier. Je tenais à ce très tenu contact en face à face avec l'administration, en l'occurrence avec une fonctionnaire, la même que l'année dernière. Je sais bien que tout peut se faire par courrier ou par internet, mais pourquoi je tiens à le faire en personne, je me demande? Me direz-vous que le fait de payer ses taxes devrait être une corvée, ou une opération purement banale? À bien y penser, je crois que j'idéalise le geste, comme si cela signifie que je suis partie prenante de cette ville, mon chez moi. À moins que ce geste signifie que moi, l'immigrante, je suis bien arrivée chez moi. Trêve d'auto-psychanalyse, voici quelques photos prises en touriste dans ma ville.

Aujourd'hui, je n'ai pas flâné. Grand tour vers l'est pour aller chercher mes parents, même si je les ai déjà vus hier, pour les amener chez la cousine pour la journée. Rencontre à midi avec une cliente devenue amie. C'est une routine annuelle maintenant, pour elle et moi, de se voir pendant trois heures pendant lesquelles nous avons mangé sans trop porter attention à nos plats, tout en nous parlant dans un tel degré d'échanges que j'ai frissonné par moments. Ce ne sont pas des histoires à faire peur mais bien des tranches de vie et de compréhension du monde.

Dans la ville et dans la vie multiformes, il y a de ces relations qui illuminent et qui vibrent ... et qui vous rendent de bonne humeur pour le reste de la journée. Non pas par opposition, comme lorsque l'on se sent bien portant à côté d'un malade, ou lorsque l'ombre rend la lueur de clarté plus forte qu'elle ne l'est vraiment, mais plutôt comme lorsque deux esprits brillants se rencontrent, leur clairvoyance voyage à la vitesse de l'éclair.

Ne pas oublier que c'est dans la cité, entre les murs, que les esprits habitent et se rencontrent. Pas dans les bois.

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