27 février 2009
Regret ou pas

Hier, je suis allée au perchoir pour commencer à rassembler et déménager certaines des affaires que j'avais laissées là depuis que j'ai quitté l'endroit, il y a bientôt trois ans. J'avais ramené au cocon l'énorme wok tout en ressentant son inutilité future. Il est même trop gros pour être rangé dans ma cuisine actuelle, et cabossé, accompagné d'un grand couvercle couleur orange plus abimé encore provenant d'un défunt wok d'un autre âge. Et ce plat à fruits ... que vais-je en faire?

En défaisant l'autel, en descendant la grande effigie de Bouddha, mis à part le fait que je ne sais toujours pas où je pourrai le réinstaller, j'avais vraiment le sentiment de «casser maison». Comment se départir des accessoires qui ont été avec soi depuis si longtemps? Chaque objet a une origine, une histoire, un vécu. C'était facile de les avoir laisser à leur place, il y a près de trois ans, pour repartir ailleurs comme pour prolonger la maison. Maintenant il faut les déloger, les disperser, les rejeter. D'une part, je pose des gestes, avance le projet. D'autre part, je ne peux m'empêcher de mesurer les dix-huit ans dans ce logement. Les enfants n'y sont pas nés mais nous y étions une cellule familiale, avec nos petites joies et nos grandes peines. Quand ce perchoir sera défait, les enfants ne seront plus des enfants, pour de bon. Ils ne seront plus sous le toit parental, pour de bon.

Nous étions allés au perchoir avec des plats cuisinés, espérant manger avec les fils, parler avec eux des actions futures. Comme par hasard, deux étaient ailleurs et ne reviendront pas de si tôt, l'autre avait déjà un pied dans la porte pour partir vers une joute sportive. Nous étions là seuls, à examiner le perchoir sous toutes ses coutures, lui remplaçant une ampoule brûlée, moi ramassant, nettoyant, en jonglant. Ensuite nous mangions sur un coin de la table, après avoir réchauffé un plat cuisiné au micro-ondes. Puis nous étions revenus au cocon, avec nos sacs et nos paquets. Avec l'autel démantelé, des plats vides, des vêtements oubliés. Et des relents nostalgiques. Mais sans regret tout de même.

Aujourd'hui, reprise des affaires collectives. Épuisante journée de réunion. En revenant par le perchoir, j'y dépose la petite table-bistro et ses deux chaises, alors que le fils fait un voyage de retour de deux cent soixante dix-neuf bouteilles de bière vides! Incontournable réalité de vie étudiante!

D'aujourd'hui à demain, mes trois soeurs et un des frères partent en vacances pour la semaine de relâche. Je tiendrai donc le fort pendant toute la semaine prochaine auprès de mes parents.

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