25 février 2009
Retour sur la vie

Passer toute le journée hier avec mes parents. Dès le matin, je vais les chercher pour les amener au dentiste, puis à l'ophtalmologue, avant de faire une halte-café et jouer aux cartes jusqu'au soir. Avant d'aller souper avec lui et la famille d'une de mes soeurs. Une journée à répondre invariablement aux mêmes questions de mon père, à les remorquer dans les aires de stationnement, sur la neige qui rend leurs pas hésitants. À les faire manger, et boire, et rire. Une journée à réprimer quelques impatiences. Mais à me dire chanceuse de pouvoir m'en occuper à coeur joie.

Aujourd'hui, lui et moi échangeons des détails sur ma journée d'hier. Nous sommes bien d'accord qu'il y douze ou quinze ans, nous n'étions pas assez conscients pour nous dévouer aussi bien avec ses parents. Pour les mêmes excuses que tout le monde: nos enfants étaient jeunes, nos affaires accaparantes et notre vie bien trop trépidante. De fil en aiguille, nous soliloquons à deux sur le bienfait d'avoir des enfants plus jeunes que plus tard. Sur le maillage des générations, mais aussi sur l'avantage de trois générations sous le même toit. Évidemment, à condition que les aînés ne soient pas encore devenus gâteux et que tous soient conscients des avantages et non du poids d'un tel concept de la société. À noter que le président américain a invité sa belle-mère, qui n'a pas du tout l'air d'une vieille femme gâteuse à mon avis, à déménager dans la blanche maison. Sans que cela soit une circonstance exceptionnelle comme la sienne, nous tous aurons pu faire la même chose. Si nous souscrivons à un concept plus inclusif de la vie familiale, moins cloisonné.

Évidemment, il y a des pères et des mères plus adorables que d'autres, plus bénéfiques pour les petits-enfants, etc. Nous rêvons en fait sur un monde différent, au lieu de celui dans lequel nous vivons. Où tous vivent chacun chez soi, dans leurs petites cellules, et qu'il faut justifier la création des ponts inter-culturels, inter-générationnels, etc.

En même temps, hier soir, en «subissant» le va-et-vient des pas lourds du copain de la locataire d'en haut, et la course de son chat d'avant en arrière de l'appartement, et les pleurs du bébé venant de l'appartement d'à côté, je me suis dise que je me donne à peu près deux ans pour me libérer de ces contraintes.

J'aspire donc à ma petite cellule isolée dans les bois, à condition que lui ne laisse pas rouler la télévision toute seule, tout en passant un temps interminable, du moins pour moi à qui cela pèse, à argumenter avec des fournisseurs de services informatiques, téléphoniques, ou bancaires. C'était le cas, hier soir. Je me suis donc couchée, en fermant la porte de la chambre, en tirant les draps par dessus la tête.

Aujourd'hui, plaisir des moments tranquilles au cocon. Malgré tout, je ne me suis pas mise dans l'ambiance de ma séance de calligraphie jusqu'à l'arrivée de mon jeune prof. Plaisir quand même de m'y mettre. Plaisir de payer le prof aussi. Quel luxe de l'avoir à domicile.

Cahin-caha, nous nous dirigeons vers un printemps ... cahoteux, avec les travaux sur les maisons, de nouveaux locataires à trouver, des aménagements et déménagements des fils. Le tout ne sera certainement pas aussi planifié que j'aurai voulu, mais improvisé, comme toujours.

Ce soir, je déploie mes antennes. Recherche sur base de données. Des dossiers à poursuivre, des clients à servir. Au passage, coup d'oeil sur des décors de rêve. Et si je gagne à la loto?

hier consulter les archives demain

retour à la page principale

--> 1