19 février 2009
La lumière et l'ombre

Le 18, je n'ai pas eu 18 ans, mais cinquante-huit. «Il n'y a rien là!», décrétait ma plus jeune soeur. Je me sens quand même comme au sommet de quelque chose, au sommet de mon amplitude, je crois.

Matinée occupée à répondre au téléphone, pour les voeux d'anniversaire. Après-midi occupé à répondre aux courriels, pour la même chose. Lui m'a offert deux douzaines de roses rouges classiques. Mais j'ai changé d'avis à propos du souper au restaurant, préférant sauter des crevettes et des légumes pour manger devant mes roses. Quand au bouquet devant mon ordinateur, les petites fleurs blanches bougeaient en cadence quand je pianotais sur le clavier. Plaisir tranquille, pour une femme toute sage!

Le soir venu, sous une neige lourde et rafraichissante qui s'est précipitée, nous sommes allés au Rideau Vert pour la pièce «Ma femme, c'est moi!» avec la prestation saisissante de Serge Postigo, seul sur scène, pendant 90 minutes sans entracte. Malheureusement, j'étais rarement aussi dérangée par les toux, les bruits, les rires niais, bref, par la très grande proximité des autres. Il faut dire que dès avant la levée du rideau, cette voix qui parlait fort, juste derrière moi, pour dominer le brouhaha, et qui me soufflait dans le cou ... Ah, quel choc après ma quiétude derrière le clavier, avec l'écran pour faire barrage entre les voix sourdes, les visages invisibles et moi.

Aujourd'hui, je suis arrivée par hasard sur «The Divine secrets of the Ya-Ya sisterhood». Voilà ma journée toute déphasée! L'envers de la journée d'hier. Discussion houleuse. Argumentations difficiles. Retour sur de petits coins qui sont devenus repaire de fantômes. Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, la supposée sage que je suis, qui se dit tenir hors de la mêlée, la tête haute, je me suis mise à courir les fantômes.

Le 19 fait donc figure de «lendemain de brosse» pour la légèreté du 18. J'ai encore la gueule de bois.

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