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Hypnotiser sous les phares je disais hier. Aujourd'hui, la matinée symphonique à la Place des Arts m'a secoué les sens et les méninges. Je me sens arrachée à la fixation passive.
Renouveler tout l'assortiment de médicaments pour le mois. Faire quelques achats au marché asiatique en prévision du Nouvel An. Tranches de gingembre et graines de lotus confits. Des fruits pour l'autel. Mais surtout un voeu que je garde pour moi. Un voeu et un engagement pour 100 jours.
Manger les premières bouchées de «bánh chưng», savoureuses mais dures pour la digestion. Et très glycémiques. Redécouvrir la darne de tile, ou doré de mer, avant de vérifier son degré de mercure. Question existentielle: vais-je manger l'autre darne qui reste au frigo?
Ce soir, la pièce «Faits pour s'aimer» chez Jean-Duceppe est douce-amère, très bien jouée par les deux comédiens, mêlant humour et vérité poignante. Moi qui ne rit pas facilement, j'ai ri. Quant à être touchée, c'est juste assez, avec pudeur et élégance. Sur ce registre, j'avais avalé rapidement le livre «On se retrouvera» de Madeleine Goldstein, une histoire vécue de rescapés de l'holocauste. Même si je suis très sensible à ce pan de l'histoire des hommes, j'ai été dérangée par le petit ton faiseur de morale. Assez pour avoir envie de l'évincer de ma bibliothèque, à moins de le cacher très mais très loin de ma vue. Réaction allergique. Est-ce la faute au livre, ou à l'écoeurantite face à cette cause largement récupérée.
À minuit, donner un traitement tonifiant à mes cheveux, me doucher, me coiffer comme si je dois sortir, brosser mes dents, appliquer une crème au visage, hydrater ma peau sur tout le corps. Parfaitement. Une sorte de nouveau départ. Un compte à rebours.
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