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Vite raconter l'escapade pleine de rebondissements, si ample si riche que j'ai eu droit à des palpitations en pleine nuit que je vous raconterai plus loin ...
Du côté de la famille, je savoure encore le plaisir de nous retrouver tous les six dans l'habitacle d'un même véhicule, dans deux chambres d'hôtel avec porte communicante. D'ailleurs j'avais oublié de prendre la photo d'eux quatre couchés, deux par deux, les draps tirés jusqu'au cou, endormis, laissant voir que leurs quatre têtes brunes ébouriffées. Lui trouve que je les infantilise. Moi j'avoue quand même que pour l'heure je me cramponne au confort de les savoir tous à portée des yeux!
En mère prévenante, j'amène en voiture six grosses pommes, six oranges que j'ai négligés de déclarer à la douane et deux litres de jus. Le premier soir à l'hôtel, nous avons soupé d'une fondue au fromage dont le nécessaire et les accessoires nous ont suivis. Pour les déjeuners, nous avons tout acheté à l'épicerie tout près, avec boulangerie-maison et beaucoup de produits bio. Il est vrai que nous sommes à un jet de pierre de Harvard Square sur Cambridge dont le niveau et le style de vie sont plus hauts que le standard moyen.
N'empêche qu'avant de quitter Montréal, il a fallu passer au McDo pour commander à l'auto une telle commande de McMuffins, avec oeufs, avec ou sans bacon, avec ou sans saucisse, jus ou café, trio ou sandwich en extra que l'employée s'est perdu dans le décompte et la commande. Ne pas oublier que les gaillards ne sont plus des bébés et ils mangent tout en double.
Boston n'est qu'à cinq heures de route de Montréal. Moins long qu'aller à Toronto, deux fois la distance entre Montréal et Québec. Cette fois-ci nous avons pris par la 91 et non la 89, ensuite la 93. Traverser un bout du Vermont et le New Hampshire dans toute sa longueur, les White Mountains majestueuses et puis le Massachusetts déjà.
Avant de partir, je ne vois pas comment je pourrai concilier la sortie familiale avec la visite à mes trois copines de Boston. En chemin, je ne trouvais pas le carnet d'adresses dans lequel se trouvent toutes les coordonnées de mes amis de toutes les parties du monde. J'avais oublié de vérifier s'il est bien dans mon sac. Déjà, je pensais que c'est foutu, pas de copines pour cette fois-ci. À vingt minutes de Boston, en farfouillant dans mon sac pour trouver ma collyre, apparaît le carnet des profondeurs. «C'est un signe!» disais-je au chauffeur, et nous sommes sortis dix minutes plus tard, à l'exit 40, en sachant bien qu'une des copines demeure non loin. Elle était bien chez elle, alors que d'habitude elle enseigne le catéchisme le dimanche. Embrassades heureuses.
Je ne savais pas à ce moment-là qu'allait s'enchainer le lendemain soir, un souper au prestigieux Copley Place, quand deux des copines ont amené leurs enfants et petits-enfants. Nous étions quinze donc, là où la note est forcément salée puisque le stationnement est de 34 dollars, en soirée, hors des heures de bureau. Ce fut donc plus qu'une rencontre de vieilles copines, mais aussi rencontre de la prochaine génération, américaine et canadienne. De jeunes adultes décontractés et civilisés. Heureusement les miens parlent bien l'anglais, sauf le plus jeune, encore pas tout à fait à l'aise de converser dans cette langue.
Mais avant ce souper, la veille au soir nous avons déjà arpenté Harvard Square, flâné dans le Harvard Book Store et décidé que le lendemain sera plutôt consacré à Cambridge qu'à Boston même. Obscurément, nous espérons peut-être que l'esprit de la ville universitaire saura inspiré nos jeunes dans la poursuite de leurs études et carrières. Aussi, c'est fifille qui fait effet d'entrainement, elle qui est toujours fascinée par les belles villes qui ont une histoire et une tradition.
Beau soleil sur Boston le 29, retour à Harvard Square. Visite du campus à proprement dit, Law School, Business School, la cage d'escalier d'un dortoir, le hall majestueux d'une grande bibiothèque, non sans avoir manger dans un restaurant mexicain, et trainer longtemps dans le magasin de la coop de Harvard.
En après-midi, sous un ciel assombri et aux grands vents, nous avons arpenté la rue Newbury de chic et de choc. Au coin des rues quelques itinérants. Mélange de vieilles pierres décrépies et de grandes tours de verre décadentes. Père et fils suivaient, mère et fille prenaient des photos et léchaient les vitrines ... Classiques Mars et Vénus! De retour à l'hôtel, les jeunes replongeaient dans leur jeu de société Settlers.
Dans la nuit du 29 au 30, je me suis réveillée avec un pincement à la poitrine, plutôt sous le bras gauche, et une sensation d'oppression, accompagnée d'un peu de sueur froide. D'ordinaire, je suis un peu claustrophobe dans les chambres d'hôtel. Cette fois-ci, j'ai dû allumer et ouvrir la fenêtre. Avec l'inquiétude de devoir peut-être faire appel au système de santé américain. L'inquiétude de problèmes cardiaques aussi. Par ailleurs, je me suis dite que ce n'est qu'un peu d'exaltation, trop de contentement et une certaine dose de stress quand l'orchestration de la rencontre des trois copines toutes ensemble et ma famille ne s'est pas faite, la veille au soir, comme prévue et improvisée.
Le 30, jour du retour, nous sommes allés voir MIT, la prestigieuse école qui occupe toute une rive de la rivière Charles. Fifille tenait à ses photos, jeune fifils tenait à voir le département de génie mécanique. Puis c'est le rendez-vous avec la troisième copine, son mari et son fils, qui nous ont amenés manger dim sum au Chinatown. Une autre belle rencontre de la jeune génération.
Retour un peu plus difficile puisque nous grimpons les White Mountains dans le soir qui descend. Halte à Bromont pour souper. Retour dans le Montréal glacial. Retour au cocon très tranquille, fifille reste toujours chez ses frères. Demain, nous réveillonnerons chez ma soeur.
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