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Je n'ai pas rêvé la nuit dernière de chiffres et de drames, malgré l'agitation au coucher pour cause de fatigue mentale. Tôt ce matin, avant le café et les nouvelles à la télé même, j'allume four et fourneaux pour préparer des petits plats. Puis je me recouche, alors que lui s'en allait pour un rendez-vous de travail.
Dans la maison froide, rien n'est plus confortable que sa place au lit, avec couverture chauffante, s'il-vous-plaît, le nez bien enfoui sous les draps, seul le haut de la tête témoigne de ce froid qui traverse la grand fenêtre juste à côté de mon lit. Lui qui a toujours chaud, qui n'a pas de couverture chauffante sur son côté de lit, essaie de me convaincre de changer de place pour m'éloigner de la fenêtre. Mais comment changer du côté gauche du lit, après trente ans!
Cet après-midi, nous sommes allés aux Grands Explorateurs voir un film commenté sur la Provence où nous rêvons d'y rester pendant un mois, à la première occasion. Le film ne déçoit pas, malgré nos sièges plus éloignés au balcon. Avec l'amie qui nous accompagnait, nous sommes allés prendre un café et un petit gâteau ensuite, avant d'aller chez les fils avec nos petits plats.
Repas rapide avec le plus jeune des garçons, les autres sont ailleurs, en espérant qu'ils étudient pour les derniers examens. Rendez-vous avec le dossier en crabe qui marche toujours de travers, se rapprochant imperceptiblement de son cible. Comme une araignée aussi, il vient de se lancer sur un fil en équilibre ... ou en déséquilibre, silence, rien n'est conclu en ce moment. Le fil va casser ou ne cassera pas dans les prochains jours. S'il casse, tout est à refaire pour l'an prochain. S'il ne casse pas, j'aurai fermé les livres trop vite en fait! Vous ai-je raconté qu'un autre fil s'est cassé il y a trois jours ... mais pas notre moral!
Jeu de patience, voilà mon métier, que l'astrologie védique me prédit jusqu'à l'âge de 68 ans! Pas de repos à l'horizon donc, mais patience et longueur de temps. Remarquez que je ne m'en plains, en autant que je puisse faire la Provence, la Chine et le chinois, etcetera et etcetera.
Ce soir, je suis deux à me glisser au lit. À deux, tous les parcours, en crabe, en équilibriste, sur le fil du rasoir et autres, se font bien, beau temps mauvais temps. J'ai un respect, une admiration et une sollicitude immense pour ceux et celles qui le font seuls, pas toujours par choix, certes, mais ils le font quand même. Ce soir, mon beau-frère a téléphoné avec une cassure dans la voix. Personne ne dit que c'est facile de cheminer seul. Et moi qui me colle plus du côté sans couverture chauffante ce soir, puisqu'il y a Sa présence, froidure ou canicule.
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