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Hier, au coiffeur, j'avais sorti mon moleskine. Malgré l'élastique et la couverture noire rigide qui le tiennent impeccable, un peu d'humidité je ne sais quand, un peu de crème hydratante échappée de son tube, ont écorné quelques pages. Ce petit carnet me suit partout depuis quatre ans. Au rythme des dernières années, je calcule que ce sera le même carnet encore pour dix ans. C'est bien le concentré des concentrés. Le journal des journaux. Le recueil des mots égarés en salles des minutes, sinon des pas perdus, des trop pleins ou trop vides. Il me semble que c'est seulement aujourd'hui que je réalise pleinement sa présence anodine mais oh combien fétichiste.
Quand à ces pages en ligne, j'avoue qu'elles me pèsent un peu. Non pas par le poids de ses lecteurs qui furent très discrets, même invisibles et inaudibles. Mais bien par le poids de tous ces mots et de ces entrées. Vains. Vaines. Comme dans Vanité.
Hier soir, au théâtre du Rideau Vert, nous étions à la Revue et corrigée mouture 2008. J'avais ri mais en même temps j'étais crispée dans mon siège comme si l'humour grinçant me torture plus qu'il ne me détend, certains numéros passant mieux que d'autres. À moins que le malaise ne soit que l'expression d'un décalage culturel, entre le ton et l'allure de mes échanges avec une amie au déjeuner, et les mimiques et parodies au spectacle du soir. Des pas feutrés à midi, des caricatures bousculantes en soirée.
Aujourd'hui, froidure, chaussée embourbée et trottoirs glissants. La journée en réunion aux affaires d'éthique, avec repas de Noël et d'adieux tout à la fois. Vin et photos.
Lui et moi sommes allés ensuite à un lancement de livres dans une galerie d'art sur Sherbrooke ouest. Embouteillage monstre pour cause climatique mais aussi de fausse alerte au tireur fou dans un bâtiment de l'UQAM, un peu plus loin. Après 45mn pour avancer de deux pâtés de maisons, nous avisant d'une porte de parking souterrain juste là, nous y sommes engouffrés pour continuer à pied. J'étais accrochée à son bras sur un trottoir casse-gueule. Heureusement, nous avons misé juste, la marche n'était pas trop longue.
Des murs tout blancs dans une galerie moderne, des photos et tableaux assez intéressants mais nous ne sommes pas là pour les voir. Je le présente lui à gauche à droite, un peu de conversation ici et là. On me présente à une ancienne journaliste très connue. Je me tiens très à l'écart d'un politicien bien célèbre.
Les petites bouchées servies, coûteuses et insipides, ne nourrissant pas vraiment, nous sommes allés manger tout près, faisant même ensuite des achats en épicerie, avant de chercher notre chemin pour retrouver notre voiture dans les dédales marchandes et souterraines.
Ce soir, mes jambes ne me portent plus. Impossible de faire tout de suite cette casserole de nouilles pour les fils comme prévu. Demain matin, aux premières heures donc, puisque nous devons aussi aller chercher ma voiture laissée au perchoir.
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