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Hier j'ai passé la journée, absorbée dans mes papiers, ma correspondance et leurs rangements. Si absorbée qu'à son retour au cocon, il m'a dérangée comme un intrus dans un jeu de quilles, avec sa voix au téléphone, ses gestes et ses aises tout à côté de moi, dans la pièce centrale qui me sert de bureau. Après tout, il est bien chez lui. J'aurai peut-être dû lui expliquer simplement que son coup de vent venu d'ailleurs vient perturber ma quiétude intérieure. Au lieu de le regarder de travers.
Hier soir, un jeune ami est venu souper, et discuter affaires. Un jour, il sera client, je crois.
Aujourd'hui, je continue mes jours calmes, cuisinant quelques plats simples. Fils premier est venu passer l'après-midi avec moi. Nous avons même joué au scrabble, tout en allant faire la sieste au beau milieu du jeu, puisque nous tombions tous deux de sommeil. Mon plus jeune fils est venu souper aussi.
Je réglais au téléphone la commande de fleurs pour ces funérailles de samedi, à Washington. Je pense encore à ce texte que j'ai écrit et qui sera lu par un ami, ce samedi. Un texte qui est venu au bout de ma plume très naturellement. J'aurai voulu être là, mais ne serai pas, puisque ce samedi, je dois assister à une assemblée générale, munie d'une procuration de ma soeur qui ne reviendra du Guatemala que dimanche.
Ce soir, calligraphie de nouveau. Déjà, ce matin, ma petite pratique fut très satisfaisante. Mon prof trouve que j'apprend vite. Je lui ai confié l'idée d'exécuter une calligraphie pour offrir en cadeau au Nouvel An lunaire, à la fin de janvier prochain. C'est possible, qu'il dit, d'exécuter le mot fŭ 福, qui veut dire bonne chance, bonne fortune. Mais aujourd'hui, j'apprend les traits piě丿 et gōu亅, et les mots rì日soleil et yuè月lune. Imaginez qu'il me propose de travailler le taïchi avec moi. Gratuitement. Parce que c'est la même souplesse, la même harmonie dans les gestes. Il faut croire qu'il est encouragé par mon apprentissage, lui aussi. Enfin, je commence à voir les traits de calligraphie dans ma soupe ...
Le thé aidant, je suis toujours debout dans la nuit avancée, penchée sur les caractères mais aussi sur mon ordinateur qui rame beaucoup. Il est temps de le changer.
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