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Je me dis que les astres sont étrangement alignés en ce moment. D'une part, les idées foisonnent, dans ma tête et sur papier. Beaucoup de pain sur les planches dans les affaires collectives, et bénévoles, précisons-le. D'autre part, mon téléphone professionnel est muet comme une carpe. Jusqu'à hier, quand un drôle de personnage a réapparu du passé, me proposant un pacte pas nécessairement limpide. Premier réflexe, non, je ne veux pas revivre les pénibles impressions du passé que sa seule voix au téléphone a réactivées. Deuxième réaction, oui mais ... est-ce que je peux me permettre de dire non à un morceau de pain qui passe? J'ai attendu avant de répondre. Je suis contente de la mienne. Ce fut oui, mais à mes conditions non négociables. En principe, nous nous sommes mis d'accord. Mais le morceau de pain court toujours, il faut que je me mette à sa poursuite, en espérant que le drôle de personnage ne me fasse pas un croc-en-jambe!
Hier, dans la nuit, je vérifiais les messages reçus. Terrible nouvelle de Californie, la soeur d'une copine s'est faite happer par une voiture. Décès. Je suis lâche, incapable de n'envoyer qu'un courriel de sympathie, incapable de prendre le téléphone pour le dire non plus. Le premier moyen est trop froid, trop facile, le deuxième trop dur, trop émotif. Je vais attendre un peu, je crois.
Il a encore neigé ce matin. Les ouvriers n'ont pas réussi à poser la thermopompe ce matin, trop de neige et de glace à côté du balcon arrière. Et puis, les tracteurs de déneigement leur poussent dans le dos, leur camion ne trouvant pas une place décente pour se garer parmi les amoncellements dans la rue. Ils reviendront un autre jour, quand le temps le permettra. De toute façon, qui a besoin de climatisation en ce moment?
Qu'est-ce que je fais entretemps? J'essaie de réserver des billets d'avion. Si si, il ne faut pas que le présent immédiat démonte le futur, non? Même s'il le conditionne quand même un peu.
Cet après-midi, miracle, je travaille. Un rendez-vous, des coups de fil. Prouesse et doigté. Doucement quand même, pour que l'adrénaline ne s'emballe pas ... Un autre rendez-vous ce soir. Des dossiers qui stagnent. De retour au cocon, je grignote les graines de pastèque, teintées en rouge. C'était pour la chance et le festif du Nouvel An mais je ne les avais pas amenées chez mes parents pour le Tết, ma mère ne voulant pas avoir à traquer les écailles partout sur son tapis. Alors je les égrène patiemment le soir, pour occuper mes doigts, elles ont l'avantage de ne pas être engraissantes, et le désavantage de me tacher les doigts.
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