21 février 2008
Pénible

Aujourd'hui, pour amener ma mère faire un scan à l'Institut neurologique j'ai dû m'y prendre tôt pour en finir qu'en après-midi. Déplacements dans la circulation comme d'habitude, mais aussi dédales dans un hôpital inconnu, voiture garée loin derrière un stade de football américain désert évidemment, avec la glace et l'eau qui dégouttent des gradins, rendant les accès glacés. Toute l'opération fut donc une aventure, alors que le but de l'opération, un simple scan, fut rapide. Mes parents marchaient précautionneusement et lentement, par ce temps très froid. L'hôpital est vétuste, l'étage de radiologie présente tout un plafond couvert en toile plastique, la peinture des murs semble datée de bien longtemps. Spectacle de malades en civière, d'infirmiers casqués, gantés, bottés pour l'hygiène. Bref, dans ce décor déprimant, mes parents ressemblent à deux oisillons égarés. Et moi énergique, quoique je gardais pour moi mes impressions pénibles. N'empêche, j'étais crevée à la fin du jour.

Le comble, en sortant de l'hôpital, je les ai amenés manger au quartier chinois. Une simple soupe, disait ma mère, que je veux bien, pour ma diète. Elle fut insipide, désespérément insipide, et mauvaise pour la diète quand même! Ah, passons vite à autre chose!

Je me suis toujours demandée comment les gens font pour travailler dans un tel environnement d'hôpital. J'en vois qui passait, allant à leur pause, à leur lunch, avec un petit sac à la main. C'es hallucinant pour moi de vivre dans un tel contexte. Je m'accroche à l'idée qu'il y a d'autre hôpitaux plus neufs, plus pimpants, mais aussi au fait que, tout compte fait, c'est toute l'idée de notre impuissance face aux maladies et à l'appareillage complexe pour y faire face qui nous rend impressionnable.

Impossible de passer à autre chose pour la journée, même si j'ai des documents à lire, pour me préparer à une rencontre pour demain.

Pour nous changer les idées, par opposition à la photo de la devanture rouge d'hier, je vous offre la petite maison bleue située sur l'Allée d'Or, à l'ombre du Château de Prague, dans laquelle vivait un certain temps Frank Kafka. On y tient maintenant une boutique et j'ai acheté là quatre petits volumes neufs des oeuvres de Kafka, dont «Le médecin de campagne» qui fut écrit dans cette maison bleue, «La métamorphose» qui fut la seule oeuvre publiée de son vivant, «Lettre au père» que ce dernier n'a jamais lu, et «Regards». Voilà les seuls souvenirs que j'ai ramenés de Prague, sans parler de photos superbes.

C'est quand même quelque chose de trouver des livres en français qui furent écrits en allemand, en pays tchèque. Autant je me suis sentie bien à Vienne, malgré la langue allemande, autant la langue tchèque est dépaysante à Prague. De plus nous ne sommes plus dans la zone de l'euro mais de la couronne.

Ce n'est pas anodin que je vous parle de Kafka dont les écrits dégagent «une atmosphère cauchemardesque et sinistre, où la bureaucratie et la société impersonnelle ont de plus en plus de prise sur l'individu», je cite, le texte de wikipedia plus haut, alors que je venais de passer dans les démarches pénibles de la journée.

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