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Après trois jours gris et froids, le soleil est revenu hier. Moi, j'étais toujours vaguement maussade. Je crois qu'enfin j'accuse le coup des nuits européennes courtes et du rattrapage. Du coup, je me mettais sous la couette tôt et je faisais de longues nuits pour ne me relever que vers 5h du matin. Et j'ai froid au cocon, habituée que j'étais à la chaleur du perchoir! Ce qui ne doit pas excuser mes incursions dans la boîte de chocolat belge! Et je n'ai pas encore cuisiné au cocon ...
Aujourd'hui, j'essaie de me secouer de la torpeur automnale. Au dentiste tôt le matin. Au perchoir ensuite pour manger léger. Au bureau de l'assurance-automobile pour renouveler l'immatriculation de ma voiture en après-midi. La vue de toute cette faune en attente, des guichets qui desservent un service cléricalement léthargique, du stress et de la fatigue creusés dans le visage des gens, m'oppresse. J'ai le numéro 88 alors que le numéro 24 est servi!
Pour tromper l'attente, je vais au magasin à l'étage plus haut. Déferlement de décorations pour Noël, déferlement de marchandises tout court. Tiens, j'essaie de jouer le jeu, je soupèse cette assiette joliment décorée, mais négligemment laissée sur un chariot au milieu de l'allée. Avec les neuf autres de la pile, si le prix de solde est bon, j'en ai peut-être besoin si par hasard je reçois au cocon, comme cette fois-là. Une vendeuse passe, hop, le prix, s'il-vous-plaît! J'ai eu un choc: « 19.99$ l'assiette!» Je suis bien complètement dépassée par cette vie urbaine!
Dehors, à la station de service, je m'arrête chez Shell au lieu d'Esso pour deux petits sous de moins par litre de carburant. Mais aussi pour le double des points airmiles, ce qui est trois fois rien, puisque je ne me rappelle pas de la dernière fois où ces points m'ont payé quoi que ce soit. Retour vers le flot des voitures, retour sur l'autoroute et la bretelle de viaducs. Rentrée précipitée vers le cocon en essayant de battre l'heure de pointe.
Je pensais appeler mon mari pour lui proposer de partir à la campagne, mais il a déjà accepté de souper chez ma plus jeune soeur, avec une partie du clan. Tant pis, voilà l'occasion d'offrir les savons français à la ronde. Dans la ville, il y a quand même toute la famille ...
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