30 mars 2006
Se retrouver

Hier, nous étions décidés à partir vingt-quatre heures à la campagne, nous réfugier dans la paix. Les fils sont avertis, tout va bien jusqu'à ce que les communications déraillent dans un dossier. Énervement et une vingtaine de coups de fil en enfilade. J'étais exaspérée, d'autant plus qu'il faut bien terminer le tri dans tout ce qui sortait de la penderie pour que la femme de ménage puisse trouver le champ libre le lendemain.

Nous étions enfin partis du perchoir, trois heures plus tard, les problèmes du dossier étant résolus. Au refuge, la neige est encore là mais moins. La tête et les épaules de la statue du bouddha ont émergé de la neige. La maison est immuable. Je me suis laissée tomber dans le sofa, après avoir allumer le feu de foyer. Nous avions besoin de débattre des préoccupations récentes autour de la question de nos lieux de vie. Nous reviendrons à nos projets initiaux, c'est-à-dire à la combinaison refuge-perchoir-cocon. La question vidée, le champ était libre à la jouissance du soir qui descendait.

Préparer les pois mange-tout, le brocoli, la courgette. Écailler les crevettes. Dans une quiétude méditative. Mon mari était sorti bavardé avec des voisins. Le téléphone lui, se taisait.

Le soir, nous étions assis à la salle à manger jouant avec les palettes de couleur pour commencer à entrevoir l'ambiance du cocon. Mon mari pense enlever du perchoir la vaisselle héritée de sa mère. Je voudrais ramener du refuge le sofa-lit. Doucement, virtuellement, nous commençons à «habiter» tout en l'habillant, ce nouveau nid à deux. Comme pour sceller le courant qui s'installe, un des fils resté au perchoir appellait son père, lui demandant des conseils pour dégeler sa viande et l'apprêter, préparant son repas lui-même, comme un grand. Et confirmait au passage qu'il attendra la femme de ménage le lendemain matin!

Ce matin, la maison baigne dans le soleil et la lumière. Nous déjeunons d'une baguette et des confitures. Je lis «La mauvaise vie» de Frédéric Mitterrand. Je lis ses longues phrases, ses jeux de virgules et de point-virgules, en m'arrêtant de temps à autre pour reprendre mon souffle. Mais aussi pour goûter en parallèle au silence absolu de la maison. Le soir il y avait le feu qui crépitait, ou la fournaise qui partait de temps à autre. Mais le matin, il n'y a que le soleil qui rit en silence.

Nous sommes revenus en ville ce midi. Déjeuner d'un sandwich au jambon-mayonnaise-moutarde de Dijon, selon une nouvelle recette que mon mari a appris d'une cliente.

J'ai reparlé aux clients juifs, pour les référer à quelqu'un d'autre. Je suis très sereine avec cette décision. Il faut bien que je me met sur les autres dossiers, avant que l'été n'arrive ... Et oui, les beaux jours sont bien revenus.

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