31 décembre 2005
Finir en beauté

Je suis avec mes livres. J'ai dans les mains le vieux volume tout jauni du journal de Dostoïevski, publié l'année de ma naissance, 1951. Je lis quelques pages du journal de Jean Malaquais: «28 août 1939: ... La sorte de discipline, de persévérance qu'exige la tenue d'un journal, saurai-je m'y contraindre? Je n'en suis pas sûr; pensant que l'on n'est ni véridique ni naturel face à son carnet prétendument intime; qu'ici, plus qu'ailleurs, on compose; pensant encore que c'est faire preuve d'ostentation que de noter ses menus faits et gestes. ...» Oui, c'est bien cela, moi j'ai bien tenu depuis bientôt sept ans, mais c'est bien le sentiment de faire preuve d'ostentation qui me donne envie parfois d'arrêter ...

J'ai devant moi deux gros volumes: le journal d'Andy Warhol, une curiosité pour moi. Et le journal du frère Marie-Victorin que j'ai décidé de classer sous la section F au lieu de M, de toute façon son vrai nom est K pour Kérouac. J'ai encore en mémoire son gros volume sur la flore laurentienne que j'ai potassé à l'université. Il me reste à lire doucement son «Miroir», son journal intime.

Je lis l'introduction aux quatre magnifiques volumes du journal de Cosima Wagner, fille de F. Liszt et épouse en secondes noces de R. Wagner. Un journal volumineux avec forces détails. Sans doute, le sentiment ostentatoire ne la fatigue pas! Je ne suis pas près de lire ce journal, même si l'époque et ce milieu aristocratique, artistique et cosmopilite me fascinent ...

Prendre le temps de m'attarder sur ces livres me rend la vie douce, et finit bien l'année. Je vais bientôt partir à La Dolphine où je sabrerai le champagne à minuit avec une petite partie du clan. Mon plus jeune fils est revenu de l'Abitibi par le bus de nuit. Il paraît qu'il a bien mal dormi en cours de route. Il roupille encore.

Il me reste à nous souhaiter des pages douces et complices en 2006. Qu'elle est belle, la vie!

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